Le magazine américain Variety met en lumière l’essor de l’industrie cinématographique au Maroc
« Longtemps prisé pour sa stabilité, ses infrastructures et ses atouts naturels, le secteur de la production cinématographique au Maroc a franchi une nouvelle étape en 2018 » avec l’introduction d’un crédit d’impôt, écrit le magazine de référence du monde du showbusiness.
Année charnière pour le secteur du cinéma au Maroc, 2018 a également été marquée par le lancement, au Festival international du film de Marrakech, des Ateliers de l’Atlas, une plateforme professionnelle conçue pour mettre en relation les cinéastes marocains émergents avec des professionnels internationaux et des partenaires de coproduction locaux.
Depuis, le champ d’action des Ateliers de l’Atlas s’est « considérablement étendu », note le magazine, faisant savoir que l’initiative a soutenu plus de 150 projets et contribué au lancement de plusieurs jeunes cinéastes comme Asmae El Moudir, dont le film documentaire de 2023, “La Mère de tous les mensonges”, est devenu l’un des films marocains les plus acclamés à l’international.
Parallèlement, les productions étrangères ont connu un essor considérable, avec des films tels que “Sirāt” d’Oliver Laxe et “L’Odyssée” de Christopher Nolan, “qui transforment les paysages marocains en univers immersifs sur grand écran”.
En 2025, rappelle Variety, le Centre cinématographique marocain (CCM) a soutenu 23 longs métrages étrangers grâce à son programme d’incitation, générant plus de 165 millions de dollars d’investissements locaux.
La production nationale a également progressé à 54 films l’an dernier, ce qui constitue, selon le magazine américain “un bond spectaculaire par rapport au début du millénaire, où la production n’était que de quatre longs métrages”.
Alors que le Maroc “s’est fortement imposé aujourd’hui comme destination de services de premier plan et comme pôle industriel en pleine expansion”, le Royaume se tourne vers l’extérieur, avec l’envoi d’importantes délégations à des plateformes telles que Venice Production Bridge et le Marché du film européen (EFM) afin de “connecter une nouvelle génération de cinéastes directement au marché mondial”.
C’est ainsi, se réjouit la publication, que les talents marocains “seront à l’honneur lors de l’EFM de cette année, couronnant une période de croissance générationnelle pour l’industrie cinématographique du pays”.
Dans son article, le magazine américain cite le directeur du CCM, Mohammed Reda Benjelloun, qui souligne que le défi réside aujourd’hui dans la production à grande échelle. « Convaincre les producteurs européens et les organismes de financement internationaux d’investir est un véritable travail. C’est pourquoi il est si important que nos cinéastes soient ici, confrontés au marché et comprennent son fonctionnement réel », a dit M. Benjelloun.
Variety donne également l’exemple d’une panoplie de jeune cinéastes et producteurs marocains issus notamment de l’initiative Atelier de l’Atlas, et qui prendront part à l’EFM, tels que Laila Marrakchi, Khadija Alami, Lamia Chraibi, Oumayma Zekri Ajarrai ou encore Alaa Eddine Aljem, mais également des cinéastes chevronnés comme Yasmine Benkiran, Nour-Eddine Lakhmari et Hicham Ayouch.
La croissance du secteur cinématographique marocain a non seulement créé davantage d’opportunités au niveau local, mais a également attiré un nombre croissant de candidats internationaux, conclut le magazine.

