Gérard Larcher : Les liens France-Maroc peuvent servir de référence à l’établissement d’une relation harmonieuse entre les deux rives de la Méditerranée et entre l’Europe et l’Afrique
Les liens unissant la France et le Maroc peuvent servir de référence à l’établissement d’une relation harmonieuse entre les deux rives de la Méditerranée, et entre l’Europe et l’Afrique, a affirmé, jeudi à Rabat, le président du Sénat, Gérard Larcher.
« Nous voulons donner un relief particulier aux domaines novateurs de coopération à explorer ensemble, mais aussi aux nouveaux horizons géographiques qui s’ouvrent à notre coopération renforcée. Ces nouveaux horizons regardent vers le sud », a souligné M. Larcher à l’ouverture du Forum parlementaire Maroc-France qui connaît la participation de responsables et membres des Parlements des deux pays.
Les nouveaux horizons de la relation franco-marocaine ont plusieurs visages qui ont tous celui de la confiance et de l’amitié, a-t-il relevé, notant qu’il existe plusieurs axes de coopération à prospecter ensemble.
Ainsi, le premier axe concerne l’établissement d’un nouveau traité bilatéral avec un dense volet parlementaire, a fait savoir M. Larcher, expliquant que soixante-dix ans après la déclaration de la Celle Saint-Cloud, la France et le Maroc ont l’occasion de graver, dans le marbre d’un nouveau traité, les acquis de leur partenariat d’exception renforcé.
« Il faut en mesurer toute la portée : la France n’a conclu de tels traités qu’avec quelques pays européens. Elle n’en a aucun, jusqu’à présent, avec un pays de la rive sud de la Méditerranée », a-t-il ajouté.
S’agissant du deuxième axe portant sur la décentralisation et la coopération décentralisée à l’appui de la régionalisation marocaine, le président du Sénat a indiqué que la régionalisation est une étape sur la voie de l’autonomie véritable proposée par le Maroc pour ses provinces du Sud, considérant que « la décentralisation a une vertu : elle consacre, dans leur diversité, l’unité et l’indivisibilité de nos territoires, qui sont si chères au Maroc et à la France ».
Il a, à cette occasion, tenu à saluer le succès diplomatique historique réalisé par le Royaume sous la conduite du Roi Mohammed VI, suite à l’adoption le 31 octobre 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies de sa résolution 2797 qui a consacré le plan d’autonomie proposé par le Maroc. Et de poursuivre que la France accueillera fin 2026 les Assises de la coopération décentralisée franco-marocaine, une occasion d’élargir le champ géographique des perspectives prometteuses de coopération vers le Sud.
Pour ce qui est du troisième axe relatif à l’entraide parlementaire, M. Larcher a rappelé que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, réunie à Paris en juillet dernier, fut un moment de connivence entre la France et le Maroc, autour des valeurs de la démocratie et de la langue française dans un contexte international bouleversé.
« Les parlementaires de nos quatre assemblées peuvent encore développer leurs coopérations à l’égard d’assemblées tierces », a-t-il estimé, tout en proposant dans le respect de l’autonomie de décision d’avoir non une obligation de résultats, mais une obligation de concertation et d’échanges sur des sujets sensibles.
Quant au quatrième axe en relation avec la dimension méditerranéenne, il a rappelé que le Parlement marocain a joué un rôle éminent dans les différentes instances parlementaires méditerranéennes dont il a assumé la présidence, notant que ces instances peinent encore à se faire entendre.
« Trente ans après le début du processus de Barcelone, réfléchissons à la contribution que nos quatre assemblées pourraient conjointement apporter dans le cadre méditerranéen, afin de surmonter les si nombreux défis, migratoires notamment, qui troublent ses rivages », a-t-il dit.
Soulignant que la France et le Maroc se préparent aujourd’hui aux temps nouveaux, M. Larcher a affirmé en conclusion que plus rien ne peut retenir les deux pays d’accomplir ensemble de grands desseins.

