Tunisie: journée de colère estudiantine après des “violences policières”

Une “journée de colère”, marquée par une grève générale, a été observée vendredi par des étudiants tunisiens protestant notamment contre des “violences policières” survenues trois jours plus tôt lors d’une manifestation à Tunis, a-t-on indiqué de source syndicale.

A cette occasion, 200 à 300 manifestants ont participé à partir de la mi-journée à un rassemblement sur l’avenue Habib Bourguiba, sous un important dispositif sécuritaire -une trentaine de cars de police au total y étaient stationnés-, a constaté un journaliste de l’AFP.

Après avoir scandé des slogans devant le théâtre municipal, ils ont tenté de rejoindre le ministère de l’Intérieur, situé à proximité, mais ont été bloqués par les forces de l’ordre, entraînant quelques bousculades, d’après la même source.

Manifestants et policiers se sont fait face une partie de l’après-midi sur l’avenue, en partie fermée à la circulation, sans toutefois d’incident majeur.

Selon la radio privée Mosaïque FM, la situation a en revanche été plus tendue à Sfax, la deuxième ville du pays, où la police a notamment fait usage de gaz lacrymogène, à proximité de la préfecture (gouvernorat).

Un dirigeant de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), Nidhal Khadraoui, avait auparavant indiqué à l’AFP que la "journée de colère" décrétée par le syndicat visait notamment à dénoncer les "violences policières" ayant émaillé un sit-in mardi devant la présidence du gouvernement.

Ce jour-là, "42 étudiants" en droit ont été blessés, "dont cinq grièvement", a-t-il affirmé, soulignant disposer de "photos et vidéos" montrant ces blessures.

Ce sit-in étudiant était intervenu en réaction à un décret ministériel ("N. 345") modifiant les conditions d’accès au concours d’entrée à l’Institut supérieur de la magistrature.

Dans une déclaration à Mosaïque FM, le ministre de l’Intérieur Hédi Majdoub a, lui, démenti toute violence de la part des forces de l’ordre, affirmant que les heurts de mardi à Tunis avaient opposé deux groupes d’étudiants.

"Aucune enquête n’a été ouverte sur ce sujet parce qu’il n’y a eu aucune agression sur les étudiants en droit de la part de l’institution sécuritaire", a-t-il dit.

(AFP)

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