Sud Liban: sept morts dans des frappes israéliennes, Aoun exhorte Washington à agir

Le président libanais a demandé une intervention internationale après des frappes israéliennes dans le sud du pays qui ont fait sept morts et vingt blessés dimanche, l’armée israélienne évoquant une riposte à un tir de drones du Hezbollah.

Aoun appelle à une intervention internationale

Le président libanais Joseph Aoun a exhorté Washington et la communauté internationale à « faire cesser » les attaques israéliennes sur le territoire libanais, après des frappes ayant fait sept morts dimanche dans le sud du pays, sur fond de trêve fragile. Dans un communiqué, il a dénoncé « une dangereuse escalade (…) touchant les institutions de l’Etat libanais » ainsi que des établissements de santé, et a appelé les Etats-Unis et d’autres pays à « agir d’urgence pour faire cesser ces violations ».

Sept morts et une vingtaine de blessés

Les bombardements ont touché plusieurs localités de la région de Nabatiyé. Le ministère libanais de la Santé a fait état de deux morts à Nabatiyé el-Faouqa et de deux femmes tuées à Arabsalim, commune voisine du sud du Liban ; vingt personnes ont par ailleurs été blessées, parmi lesquelles des enfants. Sur le site de la frappe d’Arabsalim, où Israël avait émis plus tôt dans la journée son premier ordre d’évacuation depuis plusieurs semaines, un correspondant de l’AFP a constaté des objets personnels et un drapeau du Hezbollah au milieu des décombres.

Israël évoque une riposte au Hezbollah

L’armée israélienne a affirmé avoir riposté au lancement par le Hezbollah de deux drones contre ses soldats, sans faire de blessés dans ses rangs, et a dénoncé « une violation flagrante » du cessez-le-feu. Elle a précisé avoir visé des membres et infrastructures du mouvement chiite, notamment des « dépôts d’armes et des structures terroristes », ainsi qu’un « centre de commandement établi dans un bâtiment qui avait auparavant servi d’hôpital ». Le Hezbollah n’a revendiqué aucune opération depuis juin.

Un hôpital désaffecté détruit

Selon des médias locaux, une frappe à Nabatiyé el-Faouqa a détruit l’ancien hôpital Ghandour, hors service depuis plusieurs années. Le ministère libanais de la Santé a qualifié cette destruction de « nouvelle grave violation du droit international humanitaire ». D’autres raids ont touché un parking ainsi qu’un édifice historique de la ville, endommageant les bureaux des autorités chargées des finances et de l’agriculture. Le maire de Nabatiyé, Abbas Fakhreddine, a appelé le gouvernement libanais à « agir (…) et au moins à défendre ses institutions ».

Un cessez-le-feu sous tension depuis mars

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant, dès le mois de mars, des attaques contre Israël en soutien à l’Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4 300 morts selon les autorités libanaises. Si les hostilités ont diminué depuis juin, à la suite d’un protocole d’accord américano-iranien et d’un accord-cadre entre le Liban et Israël, l’armée israélienne maintient des opérations sporadiques dans le sud du pays, où elle occupe toujours une bande frontalière d’une dizaine de kilomètres. Vendredi soir déjà, des bombardements avaient fait quatre morts dans le sud et l’est du Liban, l’armée israélienne disant avoir visé des « terroristes et infrastructures » du Hezbollah. La veille, Israël avait annoncé avoir pris le contrôle de la crête d’Ali Taher, position jugée stratégique par le Hezbollah à Nabatiyé — une information que le mouvement libanais n’a pas confirmée. De nouveaux pourparlers entre responsables libanais et israéliens sont attendus ce mois-ci, sans date annoncée à ce stade.

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