Sud-Liban: l’armée israélienne détruit le complexe souterrain d’Ali al-Taher
L’armée israélienne a procédé jeudi soir à la destruction du réseau souterrain d’Ali al-Taher, dans la région de Nabatiyé au Sud-Liban, une opération d’une telle puissance qu’elle a été enregistrée comme un événement sismique de magnitude 4,1 par les stations de surveillance.
Une déflagration ressentie dans tout le Sud-Liban
Une explosion d’une puissance exceptionnelle a secoué, jeudi 10 septembre au soir, la région de Nabatiyé, au moment où les forces israéliennes procédaient à la destruction des réseaux souterrains d’Ali al-Taher. Les stations sismologiques ont enregistré, à 21h08, un signal correspondant à une magnitude de 4,1, localisé à environ 13 kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Nabatiyé. Ce type de signal ne correspond pas à un séisme tectonique naturel, mais à une explosion souterraine d’ampleur, susceptible d’être détectée par les mêmes instruments que ceux utilisés pour surveiller l’activité sismique.
Une crête stratégique dominant Nabatiyé
Ali al-Taher est une hauteur culminant à environ 600 mètres, située entre Nabatiyé al-Fawqa et Kfar Tebnit, au nord du fleuve Litani. Sa position permet d’observer plusieurs axes reliant Nabatiyé, le Litani et les hauteurs d’Iqlim al-Tuffah, ce qui explique l’importance militaire prise par le secteur ces derniers mois. Selon l’armée israélienne, la colline abritait un vaste système souterrain attribué au Hezbollah, comprenant des espaces de vie, des générateurs, des dépôts d’armes et des salles destinées aux opérations, permettant à des combattants d’y rester sous terre durant des périodes prolongées. Israël avait annoncé début septembre avoir pris le contrôle opérationnel de la crête et de ses accès après plusieurs semaines de combats.
Une opération de destruction menée par étapes
La déflagration de jeudi soir n’est pas le premier épisode de cette campagne : plus de quinze tunnels avaient déjà été dynamités simultanément le 6 septembre dans le secteur allant du château de Beaufort à Ali al-Taher. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée israélienne avait par ailleurs multiplié les frappes aériennes et les tirs d’artillerie autour de la crête, ainsi que sur les localités de Qantara, Mansouri et Beit al-Sayyad.
L’armée libanaise dénonce une entrave à son déploiement
La veille de l’explosion, le commandement de l’armée libanaise avait accusé Israël d’avoir intensifié ses attaques contre des zones résidentielles et des institutions, ainsi que de poursuivre ses opérations de démolition dans le Sud-Liban. Selon un décompte communiqué par l’armée libanaise, environ « 7.700 violations israéliennes » auraient été enregistrées depuis l’accord-cadre du 26 juin. Le commandement estime que la poursuite de ces opérations empêche l’armée d’accomplir les missions qui lui ont été confiées pour stabiliser la région.
