Le CS de l’ONU débat de nouvelles sanctions contre la Libye

Le Conseil de sécurité de l’ONU a entamé jeudi des négociations sur un texte de résolution visant à renforcer les sanctions contre le régime libyen et imposer une zone d’exclusion aérienne, bien que d’aucuns soulignent son caractère “quelque peu tardif”, en raison des avancées sur le terrain des forces loyalistes libyennes.

Il s’agit d’une résolution en deux parties, l’une concernant la zone d’exclusion aérienne et l’autre le renforcement des sanctions adoptées dans le cadre de la résolution 1970 en février dernier, a expliqué aux journalistes l’ambassadeur libanais aux Nations Unies, Nawef Salam.

Le Liban, la France et la Grande-Bretagne sont les parrains de cette nouvelle résolution.

Le diplomate libanais a tenu à souligner qu’une zone d’exclusion aérienne ne doit pas être interprétée comme une intervention étrangère” dans les affaires libyenne car elle sera imposé par le CS en réponse à la demande de la Ligue arabe et du peuple libyen, a-t-il insisté.

Il a, en outre, rejeté l’idée qu’il est maintenant trop tard pour imposer une telle mesure, tout en reconnaissant qu’elle n’était pas suffisante.

Le nouveau projet de résolution préconise notamment l’établissement d’une interdiction de "tous les vols dans l’espace aérien libyen" en vue de protéger les civils, y compris les vols commerciaux de la compagnie nationale libyenne.

Ce projet qui circulerait d’ores et déjà en bleu” (prêt au vote), selon certains diplomates, autorise les Etats membres à prendre toutes mesures nécessaires en vue de faire respecter l’interdiction et "empêcher toute utilisation des aéronefs pour des attaques aériennes contre les populations civiles".

Le projet appelle les Etats concernés en coopération avec la Ligue des Etats arabes à coordonner étroitement avec le SG de l’ONU sur les mesures qu’ils prendront pour la mise en oeuvre de cette résolution.

S’agissant du renforcement de la batterie de sanctions relative à l’embargo sur les armes, le nouveau projet appelle les Etats membres de l’ONU, en particulier ceux de la région, à inspecter sur leurs territoires (ports, aéroports et haute mer) tous les navires et avions à destination de et vers la Libye, s’il existe des motifs raisonnables de croire qu’ils sont porteurs d’armes et de matériel militaire.

La résolution demande, en outre, au Secrétaire Général de désigner, pour une période initial d’une année, un groupe d’expert dont la tâche est d’assister le comité de sanctions établi par la résolution 1970 et de donner des recommandations au CS pour améliorer la mise en oeuvre des mesures contenues dans cette résolution.

+Risque de génocide à Ajdabiya+

Les 15 membres du Conseil ont adopté à l’unanimité la résolution 1970 sur 26 février, en imposant l’embargo sur les armes à la Libye et l’interdiction de Voyage et de gel des avoirs appartenant à des membres de la famille Kadhafi et, et de hauts responsables libyens.

Selon des diplomates occidentaux, qui ont souligné que le nouveau projet de texte a été examiné "paragraphe par paragraphe", il y a eu une bonne "discussion interactive" au sein de l’organe exécutif.

Dans une déclaration aux journalistes, Ibrahim Dabbashi, de la délégation libyenne à New York (Opposition représentant le gouvernement transitionnel libyen), a évoqué l’éventualité de frappe aérienne contre le régime Kadhafi.

La communauté internationale doit agir pour limiter le nombre de victimes, a-t-il dit, évoquant le risque d’un "génocide" à Ajdabya, si la communauté internationale n’agit pas au plus vite pour arrêter ce massacre. Il a de même attiré l’attention sur les menaces contre les populations Amazighs dans l’ouest du pays.

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