Le CFCM élit son président et détaille son agenda

Le président de l’Union des Mosquées de France, Mohammed Moussaoui, a été élu dimanche à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM), avec une majorité écrasante, et doit entamer une réforme de cette instance, créée en 2003 par Nicolas Sarkozy.

M. Moussaoui, 55 ans, avait proposé aux 87 membres du conseil d’administration une liste “unique et consensuelle” pour la composition de son bureau. Celle-ci a obtenu 60 voix “pour”, aucune “contre”, 7 abstentions, sur un total de 67 votants. Les 14 délégués du RMF, n’apparaissant pas dans la composition du bureau, sont partis avant le vote.

Ce bureau “va pouvoir permettre d’affronter les défis qui sont les nôtres”, a déclaré le président du CFCM à la presse, après le vote.

Les deux vice-présidents sont Chems-Eddine Hafiz, tout juste élu nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris (contrôlée par l’Algérie), qui avait retiré samedi sa candidature au CFCM, et Ibrahim Alci (fédération CCMTF, proche de la Turquie). Ils seront président du CFCM respectivement en 2022 et 2024, en vertu des statuts qui prévoient une présidence tournante au sein du bureau comme cela été le cas en 2013, 2015 et 2017.

M.Hafiz, qui convoitait la présidence du CFCM, a dû retirer samedi sa candidature après la vive polémique suscitée par sa nomination surprise à la tête de la GMP. “Hold-up” pour certains. “Démission forcée” du recteur Dalil Boubakeur pour d’autres.

M. Moussaoui,  a remporté le plus d’élus lors de la première étape des élections régionales en novembre, a annoncé la création d’une dizaine de commissions thématiques: “formation de imams et aumôniers”, “mosquées”, “financement”, “pratiques religieuses”, “sciences et éthique” etc.

M. Moussaoui souhaite renforcer l’échelon départemental voire communal dans l’organisation du culte. Il entend par ailleurs étudier les modes possibles d’auto-financement des mosquées. En interne, il veut aussi revoir les statuts et le mode d’élection et de cooptation d’une partie du conseil d’administration.

“Il y avait une bonne volonté de toutes les composantes de partir sur une liste commune et consensuelle (…) Cela a permis une composition du bureau qui j’espère va pouvoir affronter les défis qui sont les nôtres”, a déclaré le nouveau président du CFCM à la presse.

Il a également annoncé la création d’une dizaine de commissions thématiques: “formation de imams et aumôniers”, “mosquées”, “financement”, “pratiques religieuses”, “sciences et éthique” etc.

M.  Moussaoui a en outre annoncé la création d’un Observatoire contre le radicalisme et doter l’Observatoire contre l’islamophobie de plus de moyens.

L’exécutif français doit faire des propositions en février sur la lutte contre la radicalisation et la montée du communautarisme

Fils d’instituteur, né en 1964 à Figuig (est marocain), M. Moussaoui a déjà été président du CFCM de 2008 à 2013.

Il quitte le Maroc à l’âge de 22 ans pour Montpellier, où il passe l’agrégation en mathématiques, tout en finançant ses études en travaillant dans le bâtiment. Il devient ensuite maître de conférences à l’Université d’Avignon, directeur du département de mathématiques.

M. Moussaoui a eu une formation théologique dans les écoles traditionnelles de la région Est du Maroc, essentiellement dans la ville d’Oujda. En France, il a assuré les prêches du vendredi dans plusieurs mosquées, entre autres à Montpellier puis Avignon. C’est dans cette ville qu’il participera à la construction d’une mosquée, tant au niveau des plans, qu’en prêtant ses bras.

 

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