L’ambassadrice du Liban en Jordanie démissionne à cause de “l’incurie” du pouvoir à Beyrouth

L’ambassadrice du Liban en Jordanie a annoncé jeudi sa démission après l’explosion cataclysmique qui a ravagé Beyrouth, dénonçant “l’incurie” des autorités de son pays et appelant à un changement de leadership.

Il s’agit de la seconde démission d’un officiel libanais de haut rang depuis la double explosion de mardi, qui a fait près de 150 morts, plus de 5.000 blessés et détruit des quartiers entiers de la capitale.

Le député Marwan Hamadeh avait démissioné mercredi suite au drame, qui s’est déclenché lorsqu’un incendie a fait exploser 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stocké avec négligence sur le port de Beyrouth.

Dans une déclaration diffusée sur la chaîne libanaise indépendante MTV, l’ambassadrice du Liban en Jordanie Tracy Chamoun a déclaré qu’elle ne pouvait “tolérer plus longtemps” l’incompétence gouvernementale.

“J’annonce ma démission en tant qu’ambassadrice (…) pour protester contre l’incurie, le vol et les mensonges de l’Etat”, a dit Mme Chamoun, nommée à son poste en 2017 avec le soutien du président libanais Michel Aoun.

“Ce désastre est un signal d’alarme: nous ne devons montrer de pitié à aucun d’entre eux et ils doivent tous partir”, a-t-elle ajouté. “C’est une incurie totale”.

La classe dirigeante, depuis longtemps accusée d’incompétence et de corruption, est contestée par un mouvement de protestation commencé en octobre, qui demande des réformes de grande ampleur.

Le petit pays méditerranéen a depuis été frappé par la pire crise économique depuis la guerre de 1975-1990, renforçant encore le ressentiment contre le gouvernement.

Depuis mardi, la colère est vive au Liban, dont la population voit l’explosion comme un nouveau symbole tragique de l’incompétence de ses dirigeants.

Nombre d’observateurs se demandent aussi comment une énorme cargaison hautement explosive de nitrate d’ammonium a pu être stockée dans la capitale sans mesures de sécurité pendant des années.

Le président français Emmanuel Macron, venu jeudi à Beyrouth, a demandé une enquête internationale, comme beaucoup le demandaient déjà au Liban et ailleurs.

Peu avant l’annonce de la démission de Mme Chamoun, un procureur libanais avait indiqué avoir arrêté 16 personnes travaillant sur le port, dont les anciens et actuels responsables de celui-ci et des douanes, des ouvriers chargés de la maintenance et leurs chefs d’équipe.

 

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