La RDC va transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem
La République démocratique du Congo a annoncé jeudi le transfert de son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, à l’issue d’une visite du président Félix Tshisekedi, rejoignant un petit groupe de pays ayant pris ou annoncé cette mesure en rupture avec le consensus international.
Une annonce à l’issue de la visite de Tshisekedi
La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé jeudi qu’elle allait déplacer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, rejoignant ainsi un petit groupe de pays, dont les États-Unis, ayant pris cette mesure symbolique en rupture avec le consensus international. À l’issue d’une visite du président Félix Tshisekedi, la RDC et Israël ont déclaré dans un communiqué qu’ils prendraient des mesures en vue du « transfert de l’ambassade de la République démocratique du Congo de Tel-Aviv à Jérusalem ». Le président congolais et le Premier ministre israélien « ont réaffirmé leur engagement commun à renforcer les relations diplomatiques entre leurs pays et à consolider davantage les liens d’amitié et de coopération qui les unissent », affirme ce communiqué.
Des enjeux économiques et sécuritaires pour Kinshasa
Le gouvernement de RDC, l’un des pays les plus pauvres du monde et empêtré dans un conflit armé à l’est, a multiplié les initiatives ces dernières années pour conclure des partenariats économiques fructueux, et s’est notamment rapproché des États-Unis ces derniers mois. La quasi-totalité des pays disposant d’une représentation diplomatique formelle auprès des autorités israéliennes ont leur ambassade à Tel-Aviv.
Un mouvement de rapprochement plus large sur le continent africain
Ce geste s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre plusieurs États africains et Israël, engagée notamment depuis les accords d’Abraham de 2020, qui avaient vu le Soudan et le Maroc normaliser leurs relations avec l’État hébreu, aux côtés des Émirats arabes unis et de Bahreïn. Plusieurs gouvernements africains y voient un moyen de nouer des partenariats économiques, technologiques et sécuritaires avec Israël, tout en consolidant leurs relations avec Washington.
Huit pays ont déjà franchi le pas
Le président américain Donald Trump avait déplacé l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en mai 2018. Depuis, le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay, les îles Fidji et le Somaliland ont également ouvert une ambassade à Jérusalem.
Plusieurs autres pays dans la file d’attente
D’autres pays ont annoncé une intention similaire sans l’avoir encore concrétisée. Le président argentin Javier Milei a promis à plusieurs reprises depuis 2025 que le transfert de l’ambassade argentine serait effectif en 2026, sans confirmation à ce jour que ce déménagement a eu lieu. En Colombie, le président de droite Abelardo de la Espriella, qui a rétabli dès son investiture en août 2026 les relations diplomatiques rompues par son prédécesseur Gustavo Petro et reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan, a également fait part de son intention de transférer l’ambassade colombienne à Jérusalem. Le Costa Rica, qui avait déjà eu par le passé une ambassade à Jérusalem entre 1984 et 2006 avant de la retransférer à Tel-Aviv, a également exprimé son souhait d’y revenir sous la présidence de Laura Fernández.
Un statut de Jérusalem toujours contesté
Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien. Israël a annexé Jérusalem-Est dans la foulée de sa conquête de la Cisjordanie lors de la guerre israélo-arabe de 1967, mais cette annexion n’est pas reconnue par l’ONU.
