Mondial-2022 : le parquet financier requiert un procès dans le « volet polynésien » du Qatargate
Le parquet national financier français a demandé fin août le renvoi en procès de quatre personnes, dont l’ex-responsable tahitien de la FIFA Reynald Temarii et le Qatari Mohamed Bin Hammam, dans le volet polynésien de l’enquête sur l’attribution du Mondial-2022 au Qatar.
Une demande de renvoi dans le « volet polynésien » du Qatargate
Le parquet national financier (PNF) français a demandé fin août le renvoi en procès de quatre personnes, dont un ex-responsable tahitien de la FIFA Reynald Temarii et le Qatari Mohamed Bin Hammam, dans le cadre de l’enquête sur l’attribution du Mondial-2022 de football au Qatar. Cette demande de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris, révélée par Le Monde, concerne le « volet polynésien » du « Qatargate », a confirmé le PNF à l’AFP. Dans ce pan de l’information judiciaire ouverte en 2019 à Paris, les juges d’instruction s’intéressent aux agissements de M. Temarii, ancien président de la Confédération océanienne de football (OFC), la veille de l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Il revient désormais aux juges d’instruction de décider d’un éventuel renvoi en procès.
Reynald Temarii visé pour « corruption privée passive »
Le PNF a demandé le renvoi pour « corruption privée passive » de M. Temarii, ancien vice-président tahitien de la Fédération internationale de football (FIFA). Lors de sa mise en examen en mai 2023, ce dernier avait affirmé qu’il n’y avait « jamais eu de corruption » et s’était dit « extrêmement serein ». En octobre 2022, Reynald Temarii avait affirmé à l’AFP avoir lui-même été « victime d’escroquerie » dans l’affaire.
Mohamed Bin Hammam visé par un mandat d’arrêt international
Le parquet financier requiert par ailleurs que soit jugé pour « corruption privée active » le milliardaire qatari Mohamed Bin Hammam, dit « MBH », ancien vice-président de la FIFA. L’ex-patron de la Confédération asiatique de football (AFC) est visé depuis juin 2023 par un mandat d’arrêt international. L’homme d’affaires a été banni à vie des instances du football à la suite d’accusations de corruption et de conflits d’intérêts.
Un scénario visant à écarter l’Australie et les États-Unis du vote
La justice française soupçonne M. Bin Hammam d’avoir tenté d’influencer le vote pour le Mondial-2022 en payant les frais de défense de M. Temarii, qui avait été suspendu pour infraction au code d’éthique de la FIFA. En faisant appel de cette suspension, M. Temarii avait empêché la présence d’un remplaçant à ce scrutin qui aurait accordé sa voix à l’Australie puis, en cas d’échec, aux États-Unis, principaux rivaux du Qatar.
Deux autres personnes visées pour escroquerie et recel de corruption
Sont également concernés par la demande de renvoi en procès le consultant Jean-Charles Brisard, ainsi que son ex-épouse et ex-avocate de M. Temarii, Géraldine Lesieur, pour lesquels le PNF demande qu’ils comparaissent pour « escroquerie et recel de corruption ».
