“Honteux”: des eurodéputés effarés du rejet par Varsovie de la convention d’Istanbul

Plusieurs eurodéputés, dont les chefs des groupes Socialistes et démocrates et Renew, se sont alarmés dimanche de l’intention du gouvernement conservateur nationaliste polonais de dénoncer la convention d’Istanbul, qui vise à mieux protéger les femmes de la violence.

“Il est honteux qu’un État membre de l’UE veuille se retirer de la convention d’Istanbul”, a twitté l’Espagnole Iratxe Garcia Perez, présidente du groupe S&D au Parlement européen, qui se dit “aux côtés des citoyens polonais qui descendent dans la rue pour exiger le respect des droits des femmes”.

Le Roumain Dacian Ciolos, président du groupe Renew, a lui souligné que “la lutte contre la violence à l’égard des femmes n’est pas une idéologie, mais une obligation morale”.

“Utiliser la lutte contre la convention d’Istanbul comme un instrument pour afficher son conservatisme est une nouvelle manœuvre pitoyable et pathétique de la part de certains au sein du gouvernement polonais”, a-t-il ajouté.

Issu du même groupe parlementaire, l’ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, a qualifié cette intention de “scandaleuse”.

Hilde Vautmans (Renew), Belge également, a appelé la présidente de la Commission européen Ursula von der Leyen à “faire en sorte que l’adhésion de l’UE à la Convention d’Istanbul soit effective de toute urgence”.

Une volonté partagée par l’Irlandaise Frances Fitzgerald, du groupe PPE (droite),qui réclame “la ratification de la convention au niveau européen”, “essentielle pour qu’aucune femme ne soit laissée sans protection et vulnérable à la violence”.

Le texte a été signé par l’UE en 2017, mais n’a pas encore été ratifié.

Des membres du gouvernement polonais ont récemment annoncé l’intention de Varsovie de quitter la convention d’Istanbul, un traité adopté en 2011 par le Conseil de l’Europe (qui rassemble 47 pays), premier outil supranational à fixer des normes juridiquement contraignantes en vue d’empêcher la violence de nature sexiste.

A l’époque où elle était gouvernée par une coalition centriste, la Pologne a signé en 2012 et ratifié trois ans plus tard cette convention.

L’actuel ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, l’avait considérée alors comme “une invention, une création féministe qui vise à justifier l’idéologie gay”. Il a affirmé samedi qu’il allait présenter lundi un document officiel demandant au ministère de la Famille de préparer la dénonciation du traité.

Vendredi, environ deux mille personnes ont manifesté à Varsovie pour protester contre cette décision du gouvernement polonais.

Le Conseil de l’Europe, organisation paneuropéenne de défense des droits de l’Homme et de l’Etat de droit installée à Strasbourg, s’est également alarmé dimanche des intentions de la Pologne.

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