Cameroun: plusieurs enseignants enlevés en zone anglophone

Six à onze enseignants ont été enlevés mardi dans une école dans l’ouest du Cameroun, en zone anglophone en proie à un conflit meurtrier entre des rebelles séparatistes et l’armée, ont annoncé à l’AFP l’église presbytérienne et un syndicat d’enseignants.

L’attaque de l’école presbytérienne par des hommes armés a eu lieu à Kumbo, dans la région du Nord-Ouest, où les attaques d’écoles, agressions et enlèvements d’élèves et d’enseignants sont fréquents, attribués par les autorités de Yaoundé aux rebelles anglophones sécessionnistes.

Onze professeurs ont été emmenés par les assaillants, ont indiqué à l’AFP par téléphone le révérend Samuel Fonki, chef de l’église presbytérienne du Cameroun et Stephen Afuh, président de la PEATTU, un syndicat d’enseignants presbytériens. Mais un responsable des autorités locales, sous couvert de l’anonymat, a assuré à l’AFP que seulement six enseignants étaient portés disparus en soirée.

Les élèves sont d’ordinaires libérés, ainsi que les enseignants contre rançon mais certains ont déjà été tués par le passé, accusés par leurs ravisseurs de “collaborer” avec le régime.

Ce nouveau drame survient dix jours après le meurtre de sept écoliers un peu plus au sud, dans la région du Sud-Ouest également à majorité anglophone dans un Cameroun largement francophone. Ils ont été tués par balles dans leur salle de classe de Kumba par des inconnus, des séparatistes armés selon Yaoundé.

Ces attaques ne sont jamais revendiquées.

“Onze enseignants de la presbyterian primary and secondary school ont été kidnappés ce matin par des Amba-boys”, surnom donné aux rebelles en référence au nom qu’ils souhaiteraient donner à un état indépendant dans les deux régions anglophones, l’Ambazonie, a affirmé à l’AFP le révérend Fonki.

Depuis près de quatre ans, ces groupes armés et les forces de sécurité dépêchées par Yaoundé se livrent une guerre sanglante dans les deux régions et les deux camps sont régulièrement accusés de crimes commis contre des civils par les ONG internationales et l’ONU.

Mi-février 2019 déjà, près de 170 élèves d’un lycée avaient été enlevés à Kumbo puis libérés après une journée de captivité, au terme de négociations avec les ravisseurs, qui avaient exigé la fermeture de leur établissement. En novembre de la même année, 90 élèves avaient été enlevés et retenus cinq jours, puis relâchés. Leur école avait aussi été fermée.

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