Algérie: Appel à la libération “immédiate et inconditionnelle” des détenus d’opinion

Une centaine de personnalités algériennes, issues de la société civile, ont appelé à la libération “immédiate et inconditionnelle” de tous les détenus d’opinion dans le pays qui “traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire”.

“Nous invitons les Algériens à se mobiliser pour apporter toute forme d’aide possible à ces victimes et à leurs familles”, lit-on dans cette pétition qui souligne que “cette solidarité est un devoir citoyen et une dette envers des femmes et des hommes qui sont emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la libre expression”.

Les signataires de la pétition expliquent qu’après plus de deux années de mobilisation citoyenne pacifique pour un changement radical du système, le régime effectue un saut dans le passé et veut replonger le pays dans l’ère du parti et de la pensée unique.

“Comme toujours, cette offensive connaît son paroxysme en Kabylie”, relèvent-ils, ajoutant que les “militants de la cause amazighe se font enlever sans raisons ni explications et l’une des premières actions du nouveau gouvernement était de remettre en cause l’enseignement de Tamazight”.

Tout en qualifiant de “calamité nationale” cette politique, ils soulignent que chaque fois que la Kabylie a été visée, la démocratie recule dans le pays.

“Sans légitimité, sans crédibilité et dépourvu de compétences, le pouvoir recourt à une répression aussi brutale qu’illégale contre des citoyens qui ne demandent qu’à vivre libres et en fidélité avec leur culture et leur environnement”, explique la pétition.

Incapable d’offrir une solution à l’impasse dans laquelle le système en place depuis 1962 a plongé le pays et faute d’entrainer la conviction et l’adhésion des citoyens par l’argument et l’exemple, le régime retourne aux accusations des années de plomb qui accumulent les provocations en Kabylie tout en invoquant la main de l’étranger pour masquer ses échecs, dénoncent les signataires de ce document.

Selon la même source, des citoyens et des militants, dont le seul crime est d’avoir exprimé une opinion libre ou défendu leur identité, croupissent aujourd’hui en prison depuis plusieurs mois.

Mauvais élève de l’histoire, le pouvoir ne comprend pas que la stigmatisation de la Kabylie est l’une des fautes qui ont condamné l’Algérie à la régression, regrette-t-elle encore.

Elle estime que le combat pour la démocratie d’aujourd’hui commence par la dénonciation de cette imposture.

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