Algérie: Anis Rahmani, PDG du principal groupe de média privé, inculpé dans une 2e affaire

Le puissant propriétaire et PDG du plus important groupe de médias privé algérien Ennahar, Anis Rahmani, en détention provisoire dans une affaire de corruption, a été inculpé dans le cadre d’une autre, a annoncé l’agence de presse officielle APS.

 

M. Rahmani – de son vrai nom Mohamed Mokaddem -, personnalité longtemps proche du clan du président déchu Abdelaziz Bouteflika, avait été écroué le 14 février dans une première affaire, dans laquelle il est poursuivi pour “acquisition d’avantages indus” et de “détention de comptes bancaires à l’étranger”.

Le journaliste de 49 ans a été à nouveau présenté mercredi devant un tribunal d’Alger, qui l’a cette fois inculpé d'”outrage à corps constitué et atteinte à la vie privée” et a délivré un nouveau mandat de dépôt, a précisé l’APS, citant des sources judiciaires.

Cette deuxième affaire remonte à octobre 2018 lorsqu’un journaliste et rédacteur en chef du groupe Ennahar avait été brièvement arrêté à Alger après un article publié par le site d’information du groupe, ALG24, critiquant le Cordinateur des Services de sécurité (DSS, renseignements), le général Athmane Tartag, alias “Bachir”.

Ennahar TV, la chaîne du groupe, avait diffusé, en boucle, quelques minutes après, des images de l’arrestation de ce journaliste, Saïd Djerbal, filmée par une caméra de surveillance.

Ce dernier avait finalement été relâché après intervention du procureur.

Anis Rahmani avait alors remercié sur Twitter les “hautes autorités qui ont mis fin à cette injustice”.

Personnage controversé, M. Rahmani a longtemps été considéré comme entretenant de nombreux liens au sein de l’appareil politique et sécuritaire en Algérie, particulièrement avec le clan entourant Abdelaziz Bouteflika.

Il est accusé d’avoir mis son groupe médiatique au service de M. Bouteflika, jusqu’à la démission le 2 avril 2019 de ce dernier, acculé au départ par un mouvement populaire de contestation.

Fondée en 2012, Ennahar TV, chaîne d’information en continu, et ALG24 sont largement perçus en Algérie comme des médias “officieux” des autorités.

M. Rahmani semble être une nouvelle cible de la vaste campagne anticorruption lancée après la démission de M. Bouteflika et perçue par des observateurs comme offrant le double avantage de satisfaire la contestation en lui offrant des “têtes”, tout en réglant des comptes au sein des clans s’affrontant au sein du régime.

Cette campagne a déjà conduit en prison des dirigeants politiques –dont d’anciens ministres et Premiers ministres — et de riches hommes d’affaires.

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