Législatives Marocaines 2026: Nizar Baraka affirme que le Maroc « ne reculera pas d’un pouce » sur son intégrité territoriale
Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a réaffirmé samedi que l’Espagne demeure un partenaire essentiel du Maroc tout en excluant toute concession sur l’intégrité territoriale du Royaume, à l’occasion du lancement du programme électoral de son parti pour les législatives du 23 septembre.
Une position ferme adressée à Madrid
« L’Espagne est considérée comme un partenaire essentiel pour nous, mais nous ne reculerons pas d’un pouce sur le sol de la patrie », a déclaré Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal (PI), lors de la présentation du programme électoral de sa formation à Rabat, en perspective des élections législatives du 23 septembre. Le leader istiqlalien a réaffirmé à cette occasion la position du Maroc sur la souveraineté des villes de Sebta et Melilla, tout en qualifiant l’Espagne de partenaire stratégique du Royaume. Il a fait référence aux positions exprimées récemment par des pays proches du Maroc, citant notamment les événements survenus à Sebta en juillet lors du passage massif de migrants irréguliers.
Une sortie qui intervient au lendemain des propos de Sánchez
Cette prise de position de Nizar Baraka fait écho au discours prononcé le jour même par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez devant le Congrès des députés, dans lequel il avait qualifié d’« inacceptables » des déclarations de deux ministres marocains sur Sebta et Melilla, confirmant la convocation de l’ambassadrice du Maroc à Madrid le 21 août. Sánchez avait toutefois précisé que rien ne permettait de conclure à une implication des autorités marocaines dans le passage massif de migrants survenu le 30 juillet, dans un climat bilatéral déjà tendu par cet échange de piques diplomatiques.
Une ligne qui s’inscrit dans l’héritage historique du parti
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des orientations historiques du Parti de l’Istiqlal, fondé par des figures nationalistes comme Allal El Fassi, grand-père de Nizar Baraka, qui avait porté dès l’indépendance la revendication de l’intégrité territoriale du Royaume, incluant les enclaves de Sebta et Melilla ainsi que le Sahara marocain. Le parti a traditionnellement fait de la défense de la souveraineté nationale l’un des piliers de son identité politique, un positionnement que son secrétaire général réactive à l’approche d’un scrutin législatif jugé décisif.
Un programme électoral structuré autour de cinq engagements
Le Parti de l’Istiqlal a présenté samedi son programme électoral, intitulé « Watani Moustaqbali » (Mon pays, mon avenir), conçu pour la période 2026-2031 et articulé autour de cinq engagements majeurs, allant de la tolérance zéro contre la corruption au renforcement des souverainetés stratégiques, en passant par une réponse élargie à la crise du pouvoir d’achat. Nizar Baraka a également étendu la notion de souveraineté aux dimensions alimentaire, hydrique, énergétique, économique et technologique, revenant notamment sur les sept années successives de sécheresse et sur l’importance de la politique de l’eau pour la sécurité hydrique et alimentaire du pays.
Une sortie qui intervient dans un contexte de tensions au sein de la coalition sortante
Cette séquence électorale intervient dans un climat politique marqué par des tensions croissantes au sein de la coalition gouvernementale sortante, formée en 2021 autour du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Parti authenticité et modernité (PAM) et de l’Istiqlal, ce dernier ayant pris ses distances vis-à-vis du RNI sur plusieurs dossiers ces derniers mois. Nizar Baraka a appelé à l’émergence d’un gouvernement fort, crédible et cohérent, écartant toute logique d’affrontement à trois semaines des législatives du 23 septembre.
