Israël se prépare à une campagne plus agressive contre l’Iran
L’establishment sécuritaire israélien évalue plusieurs scénarios de reprise des hostilités avec l’Iran, l’armée ayant relevé son niveau d’alerte au maximum ces derniers jours.
Un niveau d’alerte porté à son maximum
Israël a relevé son niveau d’alerte à son point le plus élevé, sur fond de craintes qu’une reprise des combats avec l’Iran ne soit imminente, même si l’establishment sécuritaire du pays préférerait maintenir la pression militaire américaine et le blocus visant Téhéran. Jusqu’à présent considéré comme « élevé », le niveau de préparation de Tsahal est désormais qualifié de maximal, l’armée se déclarant prête à toute évolution avec un préavis extrêmement court.
Des craintes d’un dérapage régional
Parallèlement aux préparatifs en vue d’une éventuelle nouvelle campagne, les craintes grandissent qu’un mauvais calcul de la part de l’Iran ne déclenche une escalade régionale soudaine. Si plusieurs autorités municipales israéliennes ont décidé d’ouvrir des abris publics, le Commandement du front intérieur de Tsahal n’a pour l’heure pas modifié ses consignes destinées aux civils. Mais après l’expérience de l’année écoulée, marquée par les opérations Rising Lion et Roaring Lion, les autorités locales comme le public semblent lire les mêmes signaux et comprendre qu’Israël pourrait de nouveau se diriger vers un nouveau round de combats avec l’Iran.
Une préférence pour le statu quo
Des évaluations internes à l’establishment sécuritaire indiquent que, du point de vue israélien, la meilleure option demeurerait de préserver la situation actuelle : un blocus efficace de l’Iran combiné à une pression militaire américaine soutenue. Cette situation ne satisferait toutefois pas le président américain Donald Trump, qui n’apprécierait pas la stagnation. Des responsables israéliens craignent ainsi que Donald Trump ne finisse par perdre patience et ne cherche à conclure un accord qui ne servirait pas les intérêts d’Israël.
Une deuxième option : une campagne « plus agressive »
La deuxième option privilégiée par Israël serait donc une reprise des combats, mais sous un format différent et plus agressif que celui observé lors de l’opération Roaring Lion. Selon des responsables sécuritaires cités de manière anonyme, toute nouvelle campagne devrait inclure des frappes contre les infrastructures nationales iraniennes.
Aucune garantie de résultat différent
Même dans ce cas de figure, rien ne garantit un résultat radicalement différent, qu’il s’agisse de l’effondrement du régime iranien ou, à tout le moins, de sa capitulation. La principale crainte dans un tel scénario serait que l’Iran s’en prenne encore une fois aux installations pétrolières des pays voisins, ce qui pourrait déclencher une véritable crise énergétique, un scénario que Donald Trump chercherait à tout prix à éviter.
Le scénario d’un mauvais calcul iranien
Une autre possibilité évoquée serait un mauvais calcul de Téhéran, dont les dirigeants pourraient décider de lancer ce qu’ils considéreraient comme une attaque préventive, dans l’espoir de surprendre Israël et de lui infliger des dommages significatifs, sur la base du postulat selon lequel le camp qui déclenche une guerre en tire généralement l’avantage le plus important. Il s’agit là de l’une des principales raisons pour lesquelles Israël maintient un niveau de préparation élevé, non seulement pour être en mesure de mener une action militaire si nécessaire, mais avant tout pour se défendre.
Une issue qui dépendrait avant tout de Washington
Dans un cas comme dans l’autre, Israël pourrait faire face à une nouvelle période de tension intense, susceptible de déboucher sur une reprise des combats, ou non. L’issue de cette séquence dépendrait vraisemblablement des décisions d’un seul homme: à Washington.
