Comprendre la décision de la CAF : le Maroc champion par forfait
Le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) a acté le forfait du Sénégal au profit du Maroc pour la finale de la CAN 2025, une décision aux conséquences juridiques et institutionnelles majeures pour le football africain.
La sentence rendue par la CAF, validant un score de 3-0 en faveur du Maroc, entraîne de facto l’attribution du titre de champion d’Afrique au Royaume. Si les communiqués officiels ne formulent pas explicitement la phrase « le Maroc est champion », la décision juridique se suffit à elle-même: le constat de forfait de l’adversaire en finale désigne mécaniquement le vainqueur de la compétition. Le Maroc est donc détenteur du trophée jusqu’à l’épuisement des voies de recours.
Sur le plan institutionnel, cette sévérité marque la volonté de la CAF de réaffirmer son autorité et d’éviter un précédent dangereux. En sanctionnant l’équipe sénégalaise, l’instance africaine prévient toute velléité de contestation perturbant le déroulement de ses matchs les plus prestigieux. Une clémence aurait pu, selon les observateurs, ouvrir la porte à des comportements d’insubordination systématiques lors des prochaines éditions, bafouant le respect dû à l’institution.
L’avenir sportif du Sénégal est également assombri par les dispositions réglementaires en vigueur. L’article 59 du règlement de la CAF stipule que toute fédération déclarant forfait après le début de la compétition s’expose à une exclusion de l’édition suivante. En plus du retrait de son titre de 2025, le Sénégal risque ainsi de ne pas être autorisé à participer à la CAN 2027, une double sanction qui souligne la gravité des faits reprochés.
Toutefois, le dénouement définitif de ce dossier reste suspendu à la décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). La fédération sénégalaise ayant annoncé son intention de faire appel, la sentence de la CAF pourrait être infirmée ou confirmée par les juges de Lausanne. Jusqu’à ce que le TAS se prononce, le Maroc demeure le vainqueur officiel de cette édition, bien que ni la CAF ni la FRMF ne souhaitent engager de communication définitive avant la clôture totale de la procédure juridique.
