L’expérience journalistique de l’écrivain et essayiste Tahar Ben Jelloun en tant que pigiste au journal français « Le Monde » a été mise en avant lors d’une rencontre organisée samedi à Rabat, dans le cadre de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL).
Initiée par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), cette conférence a permis d’échanger autour du nouvel ouvrage du romancier intitulé « Pigiste au Monde », lequel retrace son parcours de journaliste et met en lumière la manière dont cette expérience a influencé sa carrière d’écrivain.
A cette occasion, Tahar Ben Jelloun a fait part de sa passion pour le journalisme, précisant que sa collaboration avec « Le Monde » lui a été d’un grand apport, en se cens qu’elle lui a permis d’acquérir « une certaine facilité d’écriture » tout en développant son style.
Après s’être rappelé ses premiers reportages réalisés en France ou en tant qu’envoyé spécial dans de nombreux pays, le Prix Goncourt a indiqué que le journalisme lui a également permis d’apprendre à écrire avec rigueur et de manière à la fois simple et épurée, ainsi qu’à développer une réflexion critique, qui demeure nécessaire pour tout écrivain.
Témoin de son époque, le romancier ne réagit pas selon une logique de complaisance, mais décrit les faits, interpelle et engage des réflexions, a-t-il soutenu, précisant que ses chroniques qu’il publie actuellement sur un site d’information au Maroc obéissent à cette logique.
Revenant sur ses débuts, il a relevé que l’expérience lui a appris de ne jamais céder au doute et de persévérer avec une détermination inébranlable pour réaliser ses rêves et ses projets. Tahar Ben Jelloun s’est par ailleurs attardé sur les transformations majeures que connait le monde de la presse écrite à l’ère de l’intelligence artificielle.
De son côté, le journaliste Abdellah Tourabi a souligné l’importance de cette rencontre, notamment pour les jeunes journalistes, dans la mesure où elle leur offre l’occasion de rencontrer une figure emblématique de la scène littéraire qui sert de véritable source d’inspiration.
Le président du CCME Driss El Yazami a quant à lui salué l’engagement de Tahar Ben Jelloun en faveur des questions relatives à la migration.
Pionnier de l’écriture maghrébine d’expression française, Taher Ben Jelloun a été le premier marocain à avoir rapproché la question migratoire de l’opinion publique française, à une époque où peu d’intérêt été accordé à cette thématique dans l’Hexagone, a-t-il dit, estimant qu’à travers ses récits journalistiques et sa collaboration avec Le Monde, il a contribué à promouvoir l’écriture marocaine d’expression française et à faire connaître de nombreuses plumes marocaines.
Marquée par la présence de nombreux intellectuels, cette rencontre a constitué un espace convivial de dialogue et d’échanges enrichissants. Elle a été suivie d’une séance de dédicaces.
