Le scrutin, convoqué à la mi-décembre par le Premier ministre Anutin Charnvirakul, chef du parti conservateur Bhumjaithai, intervient après une phase de recomposition politique et sur fond de tensions régionales liées au différend frontalier avec le Cambodge, qui a ravivé les débats sur la gouvernance et les priorités nationales.
En fonctions depuis moins de cent jours, M. Anutin avait accédé au pouvoir après la destitution de la cheffe du gouvernement Paetongtarn Shinawatra, issue du parti populiste Pheu Thai, fragilisée par la gestion de la crise régionale.
Malgré un recul dans les intentions de vote, Pheu Thai, soutenu par l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, demeure un acteur central du paysage politique et pourrait peser dans la formation d’éventuelles coalitions, selon plusieurs sondages.
La campagne a également été marquée par la montée en puissance du People’s Party, formation progressiste axée sur des réformes institutionnelles et économiques, qui s’est imposée comme l’une des principales forces électorales de ce scrutin.
Les projections disponibles suggèrent toutefois qu’aucun parti ne disposerait, à lui seul, d’une majorité suffisante, ouvrant la voie à des tractations complexes dans un système politique où les équilibres parlementaires restent décisifs.
Ce scrutin s’inscrit dans une histoire politique jalonnée d’alternances heurtées entre gouvernements civils, interventions militaires et mouvements de contestation populaire, un héritage qui continue de peser sur les dynamiques institutionnelles.
Parallèlement aux législatives, les électeurs sont appelés à se prononcer sur l’ouverture d’un processus de rédaction d’une nouvelle Constitution, destinée à remplacer le texte de 2017, un enjeu central pour l’évolution du cadre politique du pays.

