Selon le dernier baromètre industriel semestriel de l’Etat français, le solde net des créations et extensions d’usines en France s’est établi à +9 au premier semestre 2025. « Malgré un contexte marqué par les tensions commerciales et une concurrence internationale accrue, la France continue d’ouvrir et d’agrandir plus d’usines qu’elle n’en ferme », souligne le baromètre élaboré par le ministère français de l’Economie.
« Cela se traduit notamment par un maintien de la dynamique de demandes auprès des dispositifs de politique industrielle, telle que le crédit d’impôt pour l’industrie verte ou du plan d’investissement France 2030 », explique la même source.
Avec 11 ouvertures nettes, l’industrie verte reste le secteur qui comptabilise le plus grand nombre d’ouvertures au premier semestre 2025.
« Dans le détail, la dynamique est portée par l’économie circulaire avec l’ouverture de plusieurs sites dédiés au recyclage de diverses matières et au reconditionnement d’appareils », précise-t-on.
« La montée en cadence de l’industrie de défense la place pour la première fois parmi les secteurs les plus dynamiques (+8), avec une prévalence des ouvertures et extensions dans l’aéronautique militaire », relève le baromètre dont l’objectif est de mesurer l’évolution de la réindustrialisation en France.
En revanche, le secteur de la chimie demeure en difficulté, avec la fermeture de six usines, pénalisé par une concurrence accrue et par le niveau élevé des prix de l’énergie.
Le secteur des transports, et plus particulièrement celui de l’automobile, confirme également la tendance baissière relevée dans les précédents baromètres industriels de l’État, en témoigne la fermeture de 13 sites, principalement des usines d’équipementiers automobiles. L’agroalimentaire affiche aussi un solde négatif de six, en dépit de l’ouverture ou l’extension de 19 sites industriels sur le premier semestre 2025.
Sur le plan territorial, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine se distinguent par les dynamiques les plus favorables, chacune enregistrant un solde net positif de huit ouvertures de sites industriels. « Cette dynamique s’explique par une industrie militaire et aéronautique traditionnellement implantée dans ces régions », précise la même source.
À l’opposé, « les régions du Nord-Est restent confrontées à la transformation profonde de leur économie avec la fermeture nette de 10 sites industriels », relève le baromètre, précisant que la région des Pays de la Loire subit les difficultés du secteur automobile avec la fermeture nette de six sites.
Cette dynamique de réindustrialisation s’inscrit dans la continuité des résultats observés en 2024, année durant laquelle le baromètre industriel annuel a recensé un solde net positif de 89 ouvertures et extensions significatives de sites industriels sur l’ensemble du territoire français. Si ce chiffre traduit un ralentissement par rapport aux années particulièrement dynamiques de 2022 (+176) et 2023 (+189), il n’en demeure pas moins révélateur d’une tendance de fond désormais bien installée. Depuis 2022, plus de 450 ouvertures nettes ont ainsi été recensées sur l’ensemble du territoire français.
Cette trajectoire s’explique en grande partie par la mobilisation soutenue des pouvoirs publics, qui entendent consolider durablement cette dynamique. À travers le plan d’investissement France 2030, annoncé en octobre 2021, l’État prévoit de mobiliser 54 milliards d’euros sur cinq ans afin d’accélérer la réindustrialisation, de soutenir l’essor des technologies innovantes et d’accompagner la transition écologique, avec l’objectif affirmé de renforcer la compétitivité industrielle du pays.
En outre, les pouvoirs publics français restent pleinement mobilisés pour appréhender et accompagner au mieux les secteurs en difficulté, en veillant à protéger les entreprises, à faciliter leurs projets d’implantation face à une concurrence internationale renforcée, et à poursuivre la trajectoire de réindustrialisation.
Les positions défendues par la France au niveau européen, notamment en faveur de stratégies industrielles ambitieuses dans des secteurs clés tels que l’acier et la chimie, illustrent sa détermination à préserver et renforcer l’industrie française et européenne.
Outre les dispositifs de soutien à l’investissement et à l’innovation, la France mise sur son attractivité internationale, notamment à travers la campagne « Choose France », devenue un outil central de promotion économique.
Cette initiative vise à attirer investisseurs et industriels étrangers en valorisant les atouts du territoire français : infrastructures, compétences, stabilité réglementaire et engagement en faveur de la transition écologique.

