Un responsable vénézuelien à l’ONU démissionne, dénonce son gouvernement

Un haut responsable au sein de la mission vénézuélienne aux Nations unies a annoncé sa démission, pour dénoncer “la répression violente et agressive” menée, selon lui, par la “dictature” du président Nicolas Maduro contre son peuple.

Dans un entretien vidéo filmé dans les locaux des Nations unies et transmis à l’AFP jeudi, Isaias Media indique qu’il renonce à ses fonctions de ministre conseiller de la mission vénézuélienne, qu’il occupait depuis deux ans.

Dans le même document, il condamne le gouvernement de son pays, coupable, selon lui, d’avoir "violé tous les droits humains possibles".

"Je voudrais demander au gouvernement de mettre un terme aux tueries" et à "la violation des droits de l’homme", explique-t-il, en référence aux répressions qui ont frappé les manifestations quotidiennes anti-gouvernementales au Venezuela, causant la mort de près de cent personnes en quatre mois.

Il implore les dirigeants de son pays de "se reprendre et de réfléchir à leur position, de penser à l’importance du pays tout entier et à la place qu’ils occuperont dans l’histoire: ils sont, et seront considérés comme des meurtriers".

"L’heure du changement est venu", exhorte le diplomate, dans la vidéo qui semble avoir été tournée il y a plusieurs semaines, car il évoque le chiffre de 70 victimes tombées lors des manifestations, alors que le bilan a sensiblement augmenté depuis.

Quelques heures après la mise en ligne de cet entretien par un groupe se présentant comme OMB News Production, la mission vénézuélienne auprès des Nations unies a indiqué qu’Isaias Medina avait été limogé.

"Je condamne la conduite d’Isaias Medina", a déclaré l’ambassadeur vénézuélien auprès des Nations unies, Rafael Ramirez, sur son compte Twitter.

M. Medina n’a pas pu être joint par l’AFP pour commenter l’information de son départ.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Samuel Moncada, doit rencontrer vendredi à New York le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres après que l’administration américaine a menacé le Venezuela de nouvelles sanctions.

Avec AFP

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