Nicolas Hulot : “Au rythme où nous vivons, il faudrait presque une planète de plus pour satisfaire nos besoins”

"Au rythme où nous vivons, il faudrait presque une planète de plus pour satisfaire nos besoins", a affirmé le ministre français de la Transition écologique dans une tribune publiée sur le site du quotidien Le Monde, au moment où l’humanité aura consommé mercredi la totalité des ressources que la Terre peut renouveler en un an.

"Overshoot day (jour du dépassement) symbolise ce moment à partir duquel nous avons collectivement épuisé le potentiel renouvelable de la planète", a ajouté le ministre, notant que cette date fatidique arrive chaque année plus tôt.

"Malgré notre prise de conscience collective de l’érosion de la biodiversité et du changement climatique, malgré une mobilisation sans précédent de la société, nous ne nous éloignons pas encore du pire", a-t-il mis en garde, rappelant que récemment, des études alarmantes sur l’imminence d’une sixième extinction massive ont été publiées.

"Il y a 65 millions d’années, l’homme n’était pas responsable de la 5e extinction, celle des dinosaures. Aujourd’hui, l’humanité est collectivement l’auteure de la disparition des espèces", a-t-il dit, estimant que "c’est une façon de se rappeler combien notre existence sur la planète Terre est fragile".

Il a en outre relevé que la France fait face à une sécheresse inédite depuis plus de trente ans et les feux de forêt se sont multipliés, faisant savoir qu’un récent rapport indique que sans action pour limiter le réchauffement de la planète, "nous pourrions connaître des pics de chaleur à plus de 50 °C d’ici à la fin du siècle en France".

"Et pourtant, certains osent encore prétendre que nous n’y pouvons rien, que rien ne sert de mettre en œuvre l’accord de Paris, que nous avons encore le temps pour changer de modèle agricole, pour sortir des énergies fossiles", a déploré M. Hulot, ajoutant qu’"à ces fatalistes, je dis que nous avons tout en main pour leur opposer un nouvel espoir", d’autant plus que "de nouvelles solidarités se mettent en place alors que nous sommes sur le fil du rasoir".

Il a, d’autre part, affirmé que la transition écologique est en train de faire ses preuves en économie, faisant remarquer que jamais les prix des énergies renouvelables n’ont été aussi bas, laissant entrevoir un avenir sans énergies fossiles.

Par ailleurs et après la France, qui a annoncé dans son plan climat la fin des voitures émettant des gaz à effet de serre d’ici à 2040, "le Royaume-Uni nous a emboîté le pas, visant le même horizon", a ajouté le ministre, précisant que les constructeurs automobiles s’apprêtent à tripler l’offre de véhicules électriques d’ici à 2020.

Le ministre français a aussi indiqué que l’agriculture biologique décolle, soutenant que les agriculteurs qui s’en sortent le mieux sont ceux qui choisissent la qualité, les circuits courts, au plus près de la santé des consommateurs.

M. Hulot a aussi souligné que les partenaires internationaux sont dans la même dynamique, expliquant que la consommation du charbon commence à stagner en Chine, bien avant les prévisions qui en fixaient la date à 2030.

"Au sursis, il faut choisir le sursaut", a-t-il insisté, estimant que ces bonnes nouvelles ne doivent pas cacher l’urgence d’agir.

Il a en outre mis l’accent sur l’impératif de solidarité, "car si l’humanité est avide de ressources naturelles, elle est aussi trop souvent égoïste, oubliant qu’en Asie, en Afrique, plus d’un milliard d’êtres humains n’ont pas à accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’énergie" et que plus de 800 millions de personnes ne mangent toujours pas à leur faim, alors que l’agroécologie est une solution avérée qui pourrait nourrir la planète.

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