Les Européens mettent en garde Silvio Berlusconi

Soucieux de voir l’Italie poursuivre sur la voie des réformes, les partenaires européens de Mario Monti, ont apporté jeudi un soutien appuyé au chef du gouvernement italien face à son sulfureux prédécesseur Silvio Berlusconi.

Les Européens mettent en garde Silvio Berlusconi
Quelques heures avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens à Bruxelles, Mario Monti a été reçu à la Commission européenne, avant d’être l’invité surprise d’une réunion des dirigeants conservateurs du Parti populaire européen, dont il n’est officiellement pas membre.

Mario Monti, sans parti et à la tête d’un gouvernement de techniciens, s’est rendu à cette réunion à laquelle participait notamment la chancelière allemande Angela Merkel, mais aussi son prédécesseur Silvio Berlusconi, chef du PDL (Peuple de la liberté).

"Berlusconi a confirmé ce qu’il a dit mercredi, qu’il voudrait encourager à trouver un large mouvement de centre droit derrière Monti", dans la foulée des prochaines élections, a rapporté à l’issue de la rencontre à quelques journalistes le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen.

Autour de la table, les chefs de gouvernements de droite ont été nombreux à répéter "quel bon travail" a fait Mario Monti, "et que nous voudrions voir cela continuer", a-t-il ajouté.

"Mais nous ne voulions pas le placer le dos au mur pour le forcer à dire quelque chose, parce qu’il était évident qu’il ne voulait rien dire", a poursuivi Jyrki Katainen.

S’il est resté silencieux sur ses intentions, le président du Conseil italien a toutefois souligné qu’il se sentait "membre de la famille", a indiqué un autre participant. En tout état de cause, "la proposition de Silvio Berlusconi a été accueillie de manière positive par les chefs d’Etat et de gouvernement", a dit l’eurodéputé allemand Elmar Brok.

Autour de la table, Silvio Berlusconi était un peu sur la touche, car "l’attention était focalisée sur Mario Monti", a raconté un autre participant sous couvert d’anonymat. Ce qui n’a pas empêché Silvio Berlusconi de prendre la parole à plusieurs reprises pour se défendre. "L’échange a permis de voir qu’il y avait quand même des divergences de fond entre Mario Monti et Silvio Berlusconi", a commenté le Français Jean-François Copé, président de l’UMP.

En recevant dans la matinée Mario Monti, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait adressé un avertissement à Silvio Berlusconi en lui demandant de penser à l’importance de la "stabilité" et des "réformes" pour l’Italie.

Après les conservateurs européens, le président français, le socialiste François Hollande, a lui aussi apporté jeudi un soutien très clair à Mario Monti, le dirigeant "qui a permis à l’Italie de se redresser".

Au moment où ce dernier arrivait au sommet, François Hollande est revenu sur ses pas pour le féliciter et, face aux caméras, lui serrer longuement la main.

Silvio Berlusconi a fait sensation en Italie en annonçant samedi dernier qu’il comptait se lancer pour la sixième fois dans une campagne pour le poste de chef du gouvernement. Mais face au tollé, il a semblé faire marche arrière mercredi. "Si Monti était candidat pour être le chef" du centre droit, "je ferais un pas en arrière", a-t-il déclaré.

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