La Moudawana, “une réforme révolutionnaire qui a apporté une justice à la femme marocaine” (Guessous)

Mme Guessous, qui était, lundi, l’invitée de l’émission "Mais encore" de la deuxième chaine de télévision "2M", animée par Hamid Berrada, a affirmé que la Moudawana constitue "une plateforme démocratique et équitable" qui a permis de donner à la femme la place qu’elle mérite au sein du couple, "c’est-à-dire une place équitable".

L’auteur du livre "Au-delà de toute pudeur" en 1988, un best-seller à sa 14ème édition au Maroc, a ajouté que "les femmes marocaines se portent de mieux en mieux", soulignant que toutes les mutations sociales ont été très rapides au Maroc. "Nous avons réalisé en cinq décennies, ce que l’Occident a réalisé pratiquement en un siècle et demi", a-t-elle fait observer.

S’agissant de la participation politique lors des élections communales, par exemple, Mme Guessous a fait remarquer que "le nombre de représentation féminine s’est multiplié par 250, ce qui est extraordinaire", avec un phénomène important c’est que même les femmes rurales ont voté d’une façon massive, "ce qui prouve qu’il y a une prise de conscience même chez la femme rurale". "On assiste à une explosion extraordinaire de l’engagement des femmes dans la société civile", a-t-elle relevé. "Les femmes marocaines prennent beaucoup plus de poids, elles sont capables d’influencer l’opinion publique, ainsi que les prises de décision à un très haut niveau", a-t-elle noté.

La sociologue a également indiqué "que la fécondité est passée de 7 enfants par femme dans les années 60 à 2.4 actuellement", ce qui est "assez significatif" puisque la femme marocaine ne se considère plus comme cet appareil à produire, et qu’elle a d’autres rôles à jouer dans sa vie. Mme Naâmane Guessous a fait remarquer, par ailleurs, qu’il va falloir encore travailler sur "le problème des procédures" de la Moudawana qui a laissé, selon elle, "beaucoup de latitude aux juges", ce qui fait que les jugements peuvent différer pour un même cas d’une région à une autre, ou d’un tribunal à un autre.

La sociologue s’est attardée particulièrement sur le phénomène du mariage précoce, notant que "pour l’année 2009 seulement, il y a eu 40.000 dérogations qui ont été accordées, surtout en milieu rural où les jeunes filles continuent à être mariées à partir de 13 ans au lieu de 18 ans comme stipule la Moudawana".

Mme Soumaya Naâmane Guessous a été décorée en 2008 de la Médaille du mérite culturel de l’Ordre de Commandant par SM le Roi Mohammed VI, à l’occasion de la Fête du Trône. "C’était un moment de très forte émotion pour moi, et j’en suis très fière", s’est elle enorgueillie.

Docteur en sociologie de l’Université de Paris, Mme Naâmane Gessous est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment "Printemps et automne sexuel", "Au-delà de toute pudeur", et "la grossesse de la honte", coécrit avec son mari Chakib Guessous.

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