L’ex-comptable des Bettencourt “ne s’est pas rétractée”, selon son avocat

"Ma cliente ne s’est pas du tout rétractée, elle a maintenu mot pour mot ses déclarations." L’avocat de Claire Thibout, l’ancienne comptable des époux Bettencourt, n’a pas eu de mots assez forts, vendredi matin, pour dénoncer le "harcèlement" que subit sa cliente depuis plusieurs jours.

"Elle en sait trop. C’est la femme à abattre", a lancé Me Antoine Gillot sur BFM TV. "Tous les extraits de procès-verbaux qui sont diffusés semblent décrédibiliser ma cliente", s’est indigné l’avocat de Claire Thibout, faisant référence à la déposition recueillie mercredi en pleine nuit et reproduite en partie jeudi dans la presse. À en croire ces documents, l’ancienne comptable du couple Bettencourt revenait en partie sur ses déclarations de la veille au site Mediapart qui avaient provoqué une tempête politique, mardi. "Qui diffuse les procès-verbaux d’audition dans la presse ?", s’est interrogé l’avocat, accusant implicitement le parquet d’être à l’origine de ces fuites. Jeudi, la majorité, affichant son soulagement, n’avait pas tardé à réagir à ces nouvelles révélations, Claude Guéant s’exclamant notamment : "La vérité est rétablie."

"Quand j’entends dire qu’elle est revenue sur ses déclarations, c’est faux", a martelé Me Gillot vendredi matin, insistant : "Elle a maintenu mot pour mot ce qu’elle a dit s’agissant de la demande d’espèces qui lui a été faite par M. Maistre concernant la campagne électorale de M. Sarkozy en 2007." "Les visites de M. Sarkozy chez Mme Bettencourt sont une réalité", a-t-il ensuite expliqué, ironisant même sur l’origine commune des deux intéressés, Neuilly-sur-Seine. "Ils sont quasiment voisins de palier, il n’allait pas la voir pour prendre le thé", a lancé Antoine Gillot.

"Éric Woerth a menti"

L’avocat a toutefois reconnu les limites des déclarations de sa cliente. "Claire Thibout a toujours dit qu’à titre personnel, elle n’avait jamais remis des enveloppes à quelque homme ou femme politique que ce soit, ni assisté à ces remises d’enveloppes", a-t-il admis. S’empressant d’ajouter : "Mais c’était très connu dans la maison, je crois savoir qu’un certain nombre de témoignages le confirment."

"Cette femme est parfaitement intègre, cette femme est parfaitement crédible", a répété à plusieurs reprises Me Gillot à propos de Claire Thibout. Une confiance qu’il ne place pas vraiment dans le ministre du Travail. "M. Woerth a menti quand il nous a dit que Mme Bettencourt avait fait l’objet de contrôles fiscaux réguliers. C’est absolument faux", a-t-il assuré. Ajoutant : "Si c’était le cas, on nous en aurait fourni la preuve."

Au-delà du cas d’Éric Woerth, Me Gillot a estimé que "cette affaire ne se déroul[ait] pas dans des conditions normales". "Il est plus qu’urgent qu’un juge d’instruction soit chargé de suivre cette affaire", a réclamé Antoine Gillot, dénonçant le "parti pris" et "l’acharnement" du parquet, des enquêtes "hors du contradictoire", et un juge Courroye, "proche du président". Pour Me Gillot, un seul mot résume toute cette situation : "scandaleux".

Le Point

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