Etalage de divergences lors de la visite d’un haut responsable de l’UE à Ankara

La Turquie et l’Union européenne ont étalé leurs nombreuses divergences lundi lors d’une visite à Ankara du chef de la diplomatie du Bloc, notamment sur la question migratoire et la situation tendue en Méditerranée orientale.

S’ils ont insisté sur l’importance du “dialogue”, Josep Borrell et le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu ont surtout égrené la longue liste des sujets qui minent actuellement les relations entre l’UE et la Turquie, lors d’une conférence de presse à Ankara.

Outre la situation en Méditerranée orientale, en Libye et en Syrie, les deux responsables ont discuté “des relations entre la Turquie et l’UE, dont nous ne pouvons pas dire qu’elles traversent leur meilleure période”, a reconnu M. Borrell.

“La situation est loin d’être idéale en ce moment”, a-t-il ajouté, soulignant le besoin d’une “nouvelle approche qui prenne en compte tous les sujets que la Turquie veut mettre sur la table”.

L’un des principaux sujets de frictions est la situation en Méditerranée orientale, une zone riche en hydrocarbures où la Turquie a multiplié ces derniers mois les forages exploratoires, au grand dam de Chypre et de la Grèce.

Le chef de la diplomatie turque n’a pas été en reste, accusant l’UE de ne pas avoir “tenu ses promesses” contenues dans un accord conclu en 2016 qui prévoyait une exemption des visas européens pour les Turcs en échange d’un contrôle des flux migratoires par Ankara.

Au début de l’année, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé l’ouverture de la frontière entre la Turquie et la Grèce, provoquant l’afflux de dizaines de milliers de migrants et réveillant les craintes de l’UE.

Reprochant à l’UE de lier la question des migrants et les tensions en Méditerranée orientale, M. Cavusoglu a prévenu qu’en l’absence de progrès dans les discussions, “la Turquie continuera de ne pas retenir ceux qui veulent partir” en Europe.

Et alors que les rapports entre Ankara et Paris sont tendus en raison de divergences sur la Libye, le ministre turc a critiqué la France qu’il a accusée de “prendre en otage” les relations UE-Turquie.

Si, lors d’une réunion prochaine de la Commission européenne, “l’UE prend de nouvelles décisions contre la Turquie, alors nous serons dans l’obligation de répliquer”, a-t-il prévenu.

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