Egypte : Moubarak aimerait démissionner mais « redoute le chaos »

Egypte : Moubarak aimerait démissionner mais
Le président égyptien a aussi déclaré à la chaîne de télévision américaine ABC qu’il ne voulait pas voir "les Egyptiens se battre entre eux".

Au Caire, les violences ont fait plus de 13 morts et 1 200 blessés

Le vice-président égyptien Omar Souleiman, nommé samedi 29 janvier par le chef de l’Etat Hosni Moubarak, a annoncé quant à lui ce jeudi qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle en septembre, tout en qualifiant l’appel au départ immédiat du président Moubarak d’"appel au chaos".

M. Souleiman, qui a par ailleurs assuré que ni Hosni Moubarak ni son fils Gamal ne seront candidats non plus à cette élection, a également déclaré que le candidat à la présidence devait remplir des "conditions" spécifiques. "Des conditions et des restrictions sur les candidatures à la présidence sont nécessaires pour que tout le monde soit rassuré à propos du futur dirigeant du pays", a-t-il dit.

Il a rejeté, par ailleurs, toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l’Egypte. "L’ingérence dans nos affaires intérieures est (…) inacceptable et nous ne permettrons pas cela", a-t-il dit dans une interview à la télévision nationale.

M. Souleiman a en outre déclaré que les violences entre manifestants favorables et hostiles au président égyptien Hosni Moubarak étaient le résultat d’un "complot" fomenté en Egypte même ou à l’étranger. "Nous allons étudier [les violences], en considérant qu’il s’agissait d’un complot", a déclaré le vice-président.

LES FRÈRES MUSULMANS "INVITÉS" AU DIALOGUE

"Il est possible qu’il y ait plusieurs desseins étrangers, ou des Frères musulmans (…), ou de certains partis ou hommes d’affaires. La plupart de ceux qui sont toujours sur la place Tahrir ont des desseins spécifiques", a ajouté M. Souleiman. Les affrontements depuis mercredi à la mi-journée sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, ont fait au moins huit morts, selon un nouveau bilan du ministère de la santé égyptien, cité par l’agence officielle Mena. Selon les sources médicales contactées, les heurts ont fait plus de mille blessés.

Enfin, M. Souleiman a annoncé que les Frères musulmans, principale force d’opposition en Egypte et bête noire du régime, avaient été invités à participer au dialogue entre le pouvoir et l’opposition. "Nous les avons contactés, ils ont été invités. Ils hésitent", a déclaré le vice-président.

Les Frères musulmans, qui participent aux manifestations anti-Moubarak, sont officiellement bannis de la sphère politique, mais tolérés dans les faits en Egypte, où ils disposent d’influents réseaux d’aide sociale. Considérés comme la principale force d’opposition en Egypte, ils avaient remporté 20 % des sièges aux législatives de 2005. Les Frères musulmans ont boycotté le second tour des dernières législatives de novembre-décembre 2010 en accusant le régime de fraudes et de violences.

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