Algérie: lourdes peines requises contre 14 protestataires du “Hirak”

La justice algérienne a requis lundi cinq années de prison ferme à l’encontre de 14 personnes interpellées vendredi à Tizi Ouzou (nord-est) après une manifestation interdite du mouvement de contestation antirégime, selon la défense.

“Le régime s’entête et continue la répression contre des manifestants pacifiques”, a déploré Me Aissa Rahmoune, membre du collectif de défense des accusés, alors qu’une vague de répression s’abat sur des militants du “Hirak”, des opposants politiques, des journalistes ou encore de simples blogueurs.

“Ce n’est pas par le recours à ce genre de justice, qui n’est ni libre ni indépendante, que le règlement de la crise politique verra le jour”, a estimé auprès de l’AFP Me Rahmoune.

Le verdict est attendu dans les prochaines heures.

Des personnes soutenant les prévenus –dont le plus jeune a 19 ans– se sont rassemblées toute la journée à proximité du tribunal de Tizi Ouzou, selon des vidéos relayées sur les réseaux sociaux.

En garde à vue depuis vendredi, ces 14 manifestants sont accusés d'”attroupement non armé”, d'”outrage à corps constitué” et de “destruction des biens d’autrui”, a précisé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien.

Le porte-parole du CNLD, Kaci Tansaout, a assuré qu’aucun bien n’avait été détruit vendredi à Tizi Ouzou lors d’une manifestation.

D’autres manifestations pro-“Hirak” se sont aussi tenues dans le reste du pays, en dépit de la stricte interdiction de tout rassemblement à la suite de la pandémie de Covid-19.

Près de 500 personnes au total ont été interpellées à travers le pays. La plupart ont été relâchées depuis.

Outre les 14 personnes poursuivies à Tizi Ouzou, il restait lundi 10 manifestants sous mandat de dépôt, selon la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH).

Selon les défenseurs des droits de l’Homme, ce tour de vis judiciaire vise à empêcher la reprise du mouvement de contestation qui a poussé à la démission de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika en avril 2019 après vingt ans au pouvoir.

Né en février 2019 d’un immense ras-le-bol, le “Hirak” réclame toujours un changement du “système” en place.

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