Malgré la crise à la Fifa, Infantino confirme sa candidature pour un nouveau mandat en 2027
Le patron de la Fifa a confirmé qu’il briguerait un nouveau mandat en mars 2027, malgré la fronde de plusieurs confédérations et une procédure judiciaire annoncée par l’UEFA après son projet avorté d’ouvrir la Coupe du monde aux investisseurs privés.
Infantino confirme sa candidature
Contesté pour avoir tenté d’ouvrir la Coupe du monde aux investisseurs privés, Gianni Infantino a confirmé dimanche qu’il briguerait un nouveau mandat à la tête de la Fifa lors du scrutin programmé le 18 mars 2027. Seul candidat déclaré à ce stade, le dirigeant du football mondial s’accroche à son poste malgré les appels à la démission et la pression de plusieurs fédérations ou confédérations qui lui ont retiré leur soutien. « Le président de la Fifa a annoncé en avril qu’il se présenterait à sa réélection en 2027. Bien sûr, rien n’a changé. M. Infantino se présentera à sa réélection », a affirmé dimanche un porte-parole de l’instance à l’AFP, alors que le dirigeant se trouvait à Katowice, en Pologne, pour le Mondial féminin des moins de 20 ans organisé du 5 au 27 septembre.
Un projet de société commerciale au cœur de la crise
Depuis plusieurs semaines, le monde du football se déchire autour de la gouvernance d’Infantino, jugée opaque par ses adversaires, qui lui reprochent d’avoir élaboré sans concertation un projet de société commerciale ouverte à des investisseurs privés à hauteur de 20% pour y loger les recettes de la Coupe du monde. Révélée par le journal The Times, l’idée a été officialisée le 28 juillet, à peine plus d’une semaine après la victoire de l’Espagne en finale de la Coupe du monde 2026.
« Libérer le potentiel » contesté par l’UEFA
Infantino a présenté la création de cette société, baptisée Fifa Forward Enterprise (FFE), comme un moyen de « libérer le potentiel commercial » de la compétition reine. Pour ses détracteurs, en premier lieu la puissante confédération européenne (UEFA), il s’agissait en réalité d’un dispositif permettant à Infantino et à un cercle restreint de proches — dont Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump — d’acquérir une participation permanente dans les actifs les plus précieux de la Fifa. Assailli de critiques, le dirigeant italo-suisse, à la tête de la Fifa depuis 2016, a abandonné son projet quatre jours plus tard. L’UEFA, la Confédération nord-américaine et caraïbe (Concacaf) et la Confédération asiatique (AFC) l’ont ensuite désavoué dans une lettre commune adressée début août à la « famille du football ». Fin août, l’UEFA a par ailleurs annoncé préparer une plainte pour « gestion déloyale » contre le dirigeant de la Fifa, tout en suspendant sa menace de boycott des compétitions de l’instance pour la saison en cours.
Des soutiens qui s’effritent en Europe, mais pas ailleurs
Plusieurs fédérations européennes ont retiré leur soutien à Infantino, à l’image de la Suède, de l’Ecosse et de l’Italie, au même titre que des collectifs de supporters, d’anciens joueurs, ou l’un des vice-présidents du conseil de la Fifa, Sandor Csanyi. Le Français Kevin Lamour, numéro trois de la Fifa, a de son côté quitté ses fonctions après avoir désavoué le projet FFE. Gianni Infantino a en revanche reçu le soutien « à l’unanimité » de la Confédération africaine (CAF, 54 fédérations affiliées), d’une partie de la Confédération sud-américaine (Conmebol, 10) ainsi que d’autres fédérations comme celle d’Arabie saoudite, d’anciens joueurs et de personnalités politiques comme le président américain Donald Trump, avec qui il a affiché une grande proximité pendant la Coupe du monde nord-américaine cet été.
Une élection ouverte, un adversaire encore à trouver
Pour être réélu en mars prochain et prolonger un mandat entamé en 2016 et reconduit en 2023, Infantino aura besoin d’une majorité simple parmi les 211 fédérations affiliées à la Fifa. Les candidats ont jusqu’au 18 novembre pour se présenter. Aleksander Ceferin, le patron de l’UEFA, a annoncé qu’il ne briguerait pas la présidence de la Fifa mais a indiqué que si Infantino maintenait sa candidature, « je pense que nous aurons un candidat contre lui. Je ne sais pas encore qui ». Selon différents médias, le Canadien Victor Montagliani, président de la Concacaf, pourrait entrer dans la bataille.
