Commerce mondial : les services progressent, les pays les moins avancés restent à la traîne, selon la CNUCED

Selon un rapport de la CNUCED publié en septembre, les services s’imposent comme un moteur central du commerce mondial, mais les pays les moins avancés restent largement à l’écart de cette dynamique, notamment dans les services fournis par voie numérique.

Les services, moteur central du commerce mondial

Les services s’imposent comme un moteur central du commerce mondial, représentant 71% des consommations intermédiaires utilisées dans la production à l’échelle mondiale et 27% des exportations mondiales en 2025, mais les pays les moins avancés (PMA) restent largement à l’écart de cette dynamique, notamment dans les services fournis par voie numérique, indique un nouveau rapport d’ONU Commerce et Développement (CNUCED). Dans son « Global Trade Update » de septembre, la CNUCED relève que les services pouvant être fournis à distance via des réseaux informatiques ont progressé en moyenne de 7,1% par an au cours de la dernière décennie et représentent désormais 56% des exportations mondiales de services.

Un fossé qui se creuse pour les pays les moins avancés

Cette évolution contraste fortement avec la situation des PMA, dont les exportations de services n’ont augmenté que de 3% par an sur la même période et dont la part dans les exportations mondiales de services est tombée à 0,6% en 2025. Les services numériquement exportables ne représentent par ailleurs que 16% des exportations de services des PMA, contre 61% dans les économies développées.

Une intégration croissante dans les chaînes de valeur mondiales

Le rapport souligne que les services sont désormais profondément intégrés à la production de biens et aux chaînes de valeur mondiales : en 2022, ils représentaient 71% des consommations intermédiaires mondiales, avec une proportion de 78% dans les économies développées et de 61% dans les économies en développement. Dans les exportations de produits industriels, les services comptaient pour 33% des consommations intermédiaires dans les économies développées, contre 27% dans les pays en développement et seulement 13% dans les PMA. La croissance du commerce des services reste par ailleurs soutenue, les exportations mondiales ayant progressé d’environ 6,7% par an sur la dernière décennie et de 8,3% en 2025.

Des obstacles persistants à l’accès numérique

Les écarts d’accès au commerce numérique demeurent importants, en raison notamment d’infrastructures de connectivité insuffisantes, du coût élevé des paiements internationaux et du manque de compétences adaptées. La moitié des pays affichant les coûts les plus élevés pour les transferts de fonds sont des PMA, relève également le rapport.

L’intelligence artificielle, risque d’accentuer les disparités

L’essor rapide de l’intelligence artificielle pourrait accentuer ces disparités, alors que les capacités de calcul, les données, les financements et l’expertise restent concentrés dans un nombre limité d’économies et d’entreprises. Moins d’un tiers des pays en développement ont adopté une stratégie nationale en matière d’IA. Face à ces défis, le rapport appelle à renforcer les infrastructures numériques, les compétences et les systèmes de paiement, tout en améliorant la préparation des pays à l’IA et la coopération internationale.

Une réglementation du commerce numérique fragmentée

Les règles commerciales peinent également à suivre l’évolution de l’économie numérique. Les règles multilatérales sur le commerce des services ont pour l’essentiel été conçues avant l’avènement du numérique, tandis que les dispositions relatives au commerce électronique se sont multipliées dans les accords régionaux et bilatéraux, contribuant à une réglementation plus fragmentée. Parmi les accords commerciaux préférentiels conclus entre 2000 et 2025, 55% comportent des dispositions sur le commerce électronique ou numérique. Depuis 2020, 90% des économies développées, 62% des pays en développement et 66% des PMA ont participé à des accords contenant de telles dispositions.

Trois priorités identifiées par la CNUCED

Le rapport préconise davantage de transparence, de coopération réglementaire et de capacités de négociation afin de permettre aux pays en développement de peser davantage dans l’élaboration des nouvelles règles du commerce numérique. Selon ses auteurs, trois priorités sont essentielles : améliorer les données sur le commerce des services, renforcer les infrastructures et les compétences numériques, et garantir une participation plus significative des pays en développement à l’élaboration des règles internationales.

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