Le Maroc lance le Plan Santé Mentale 2030 avec un financement de 4 milliards de dirhams

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a lancé jeudi à Rabat le Plan Santé Mentale 2030, doté d’un financement de près de 4 milliards de dirhams pour renforcer l’accès aux soins et doubler quasiment les capacités hospitalières d’ici 2030.

Un nouveau cadre national de référence

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a lancé, jeudi à Rabat, le Plan Santé Mentale 2030, un cadre national de référence visant à renforcer l’accès aux services de santé mentale, à améliorer la qualité de la prise en charge et à promouvoir les prestations en la matière. Ce plan, lancé lors d’une rencontre présidée par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, marque une nouvelle étape de la politique nationale en matière de santé publique, avec pour objectif de promouvoir la santé mentale et de prévenir les troubles mentaux, tout en soutenant la réhabilitation et la réinsertion sociale.

Un doublement quasi complet des capacités hospitalières

À l’horizon 2030, le plan vise à renforcer de manière significative les capacités de prise en charge en santé mentale, à travers l’augmentation du nombre de lits de 2.466 à environ 4.728, du nombre d’hôpitaux psychiatriques de 10 à 17 établissements, ainsi que des structures intermédiaires de 4 à 24, afin d’assurer une offre de services de santé mentale sur l’ensemble des régions du Royaume.

Un investissement présenté comme un enjeu de capital humain

M. Tehraoui a souligné que l’investissement dans la santé mentale constitue un investissement dans le capital humain, dans la cohésion sociale et dans la dignité de chaque individu, relevant qu’il n’est plus possible de considérer la santé mentale comme une question subsidiaire, mais comme l’une des conditions essentielles à la réussite des projets sociaux et de développement. Le ministre a indiqué que cette stratégie repose sur plusieurs transformations majeures, notamment une intervention précoce et une prévention tout au long de la vie tenant compte des particularités liées à la précarité et à l’accompagnement du vieillissement.

Un calendrier de mise en œuvre en deux temps

Fruit d’une large concertation, ce plan à dimension territoriale traduit une politique trans-sectorielle en harmonie avec l’ensemble des politiques publiques, a noté le ministre, ajoutant qu’en matière de mise en œuvre de ce plan, l’année 2026 sera marquée par le lancement des réformes structurantes, tandis que les années suivantes permettront d’en élargir la mise en œuvre à l’ensemble des territoires. L’année 2030 constituera, quant à elle, l’échéance pour dresser le bilan des changements effectivement opérés dans la vie des citoyens.

Un soutien salué par la Fondation Lalla Oumkeltoum et l’OMS

Le président délégué de la Fondation Lalla Oumkeltoum pour la santé mentale, Abderrazak Ouanas, a salué la sollicitude royale dont bénéficient les personnes en situation de vulnérabilité mentale, affirmant que la présidence de la Fondation par la Princesse Lalla Oumkeltoum constitue une illustration d’une vision éclairée érigeant la santé mentale au rang des priorités nationales. De son côté, Awatef Belakhel, du Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé au Maroc, a indiqué que ce plan traduit une vision humaine axée sur le renforcement des droits humains et la lutte contre la stigmatisation sociale, rappelant que la santé mentale constitue un droit fondamental et un pilier indispensable de la couverture sanitaire universelle.

Un renforcement massif des ressources humaines

Fadoua Rahhaoui, de la Division des maladies non transmissibles au ministère de la Santé, a précisé que les chantiers du plan portent notamment sur la construction et la mise à niveau des infrastructures, le renforcement de la formation initiale et continue, ainsi que la modernisation du cadre législatif. Le plan accorde une importance particulière au renforcement des ressources humaines, à travers l’augmentation du nombre de psychologues dans le secteur public de 32 à 786, des capacités de formation des psychiatres de 36 à 124 par an, et de celles des infirmiers spécialisés en santé mentale de 490 à 750 annuellement, ainsi que la mise en place d’un cadre légal régissant la profession de psychologue.

Un financement de près de 4 milliards de dirhams

La mise en œuvre du Plan Santé Mentale 2030 bénéficiera d’un financement de près de 4 milliards de dirhams, destiné à accompagner la réalisation des différentes mesures et actions programmées. Élaboré dans le cadre d’une approche associant 13 départements ministériels et différents acteurs concernés, avec l’appui de l’OMS, le plan s’articule autour de trois axes stratégiques et quatre conditions-cadres, déclinés en 86 actions et mesures.

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