« Il est temps de ne compter que sur nous-mêmes », réagit l’Iran au « Pacte de La Mecque »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi à l’annonce du « Pacte de La Mecque » conclu entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, appelant à l’unité du monde musulman face aux « acteurs extérieurs malveillants ».

Une réaction officielle de Téhéran
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a commenté vendredi l’annonce du « Pacte de La Mecque », l’accord de défense mutuelle signé le même jour entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. « Les puissantes forces armées iraniennes ont démontré leur préparation, leurs capacités et leur puissance face à l’armée la plus coûteuse au monde », a-t-il écrit sur X, en référence aux forces américaines. « Lorsque les musulmans restent unis, nous pouvons relever de front tous les défis posés par des acteurs extérieurs malveillants », a-t-il ajouté, appelant les nations islamiques à renforcer leur solidarité régionale. « Il est temps de ne compter que sur nous-mêmes et d’embrasser une véritable fraternité. »

Un pacte de défense mutuelle inspiré de l’article 5 de l’Otan
Le Pacte de La Mecque, signé vendredi lors d’une rencontre réunissant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble d’entre eux, sur le modèle de la clause de défense collective de l’Otan. Un responsable turc a qualifié cet accord de « purement défensif », précisant qu’il ne visait aucun acteur en particulier et restait ouvert à d’autres pays de la région.

Un accord né en partie des tensions avec l’Iran
Selon plusieurs analystes, l’Iran a lui-même contribué, indirectement, à la conclusion de cet accord en multipliant ces derniers mois les menaces contre l’Arabie saoudite, ce qui aurait accéléré le rapprochement entre Riyad, Ankara et Islamabad. Des responsables et religieux iraniens de la ligne dure ont réagi à l’annonce du pacte en le tournant en dérision, promettant que « le rugissement de nos missiles » atteindrait ses signataires.

Un contexte de guerre prolongée avec les États-Unis
Cette déclaration intervient dans le prolongement de la guerre opposant l’Iran aux États-Unis depuis février dernier. Jeudi, le président américain Donald Trump s’était dit confiant que ce conflit prendrait fin « assez rapidement », estimant que la République islamique « ne pourra pas tenir beaucoup plus longtemps », tout en se disant optimiste sur les négociations en cours concernant le détroit d’Ormuz, et en réaffirmant l’engagement de Washington à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

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