Visite de Castex reporté par Alger pour cause de délégation française réduite

La visite en Algérie du Premier ministre, Jean Castex, annoncée ce jeudi matin sous le signe du réchauffement des relations, s’est transformée dans la soirée en soupe à la grimace. Le pouvoir algérien n’a pas toléré la venue d’une délégation française réduite à 4 ministres ni une visite écourtée à 24 heures pour cause du Covid-19, alors qu’il aspirait à une délégation ministérielle au grand complet.

La complexité des relations entre Alger et Paris relève souvent de l’irrationnel. L’annulation de la visite de Jean Castex en Algérie, prévue dimanche et perçue comme une nouvelle étape dans la relation tumultueuse entre les deux pays, en est l’exemple.

“L’épidémie de Covid-19 ne permettant pas à ces délégations de se retrouver dans des conditions pleinement satisfaisantes”, ont annoncé les services de Jean Castex à l’AFP.

Le comité intergouvernemental franco-algérien, cadre prévu pour cette rencontre, “est donc reporté à une date ultérieure, lorsque le contexte sanitaire sera plus favorable”, ont ajouté les services du Premier ministre.

Officiellement, c’est la faute à la crise sanitaire. Officieusement, le pouvoir algérien, à la recherche de légitimité, est vexé par le format de la délégation réduit à 4 ministre et une visite écourtée à 24 heures.

Pour Alger, c’est tout le staff ministériel français ou rien ! Pour un régime en perte de vitesse, une grosse délégation française est une forme d’adoubement pour le palais d’El Mouradia, censé lui donner de la légitimité,.

“Cette fois-ci, le régime algérien s’attaque à la forme. Plus la délégation française est importante, plus le bénéfice serait grand pour lui en terme d’images. C’est ce qu’il croit mais le peuple algérien n’est pas dupe. La France n’a pas trop intérêt à se mouiller. C’est un régime à bout de souffle”, analyse un observateur de la relation France-Algérie.

Dans un souci d’apaisement mais aussi d’intérêts, Emmanuel Macron a fait des concessions et envoyé des signaux de bonne volonté en direction d’Alger. Le président a même déclaré son soutien à Tebboune, alors que le Hirak, cet immense mouvement populaire inédit qui exige le départ du régime en place n’a pas faibli depuis plus d’un an et demi.

Déjà ce jeudi matin et avant même le report de la visite de Castex, le ministre algérien du Travail et de la Sécurité sociale, Hachemi Djaâboub, s’est violemment attaqué la France, la qualifiant d'”ennemi traditionnel et éternel”. Là aussi rien de surprenant, l’Algérie est coutumière d’une politique basée en permanence sur la surenchère avec la France. Et elle sait que ça marche !

 

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