Turquie : Fethullah Gülen demande une “enquête internationale”

L’ex-imam exilé aux États-Unis se dit prêt à collaborer avec la justice, mais ne veut pas servir de bouc émissaire au régime de Recep Tayyip Erdogan.

Source AFP

Le prédicateur turc en exil Fethullah Gülen ne compte pas se laisser extrader sans réagir. Accusé par Ankara d’être l’instigateur du coup d’État raté de la mi-juillet, il a promis sa « collaboration totale » avec la justice à condition qu’une « enquête internationale » soit menée sur cette tentative de putsch.

Dans une tribune publiée vendredi 12 août dans Le Monde, Fethullah Gülen lance « un appel au pouvoir turc et je lui promets une collaboration totale. Je demande qu’une commission internationale indépendante mène les investigations sur cette tentative de coup d’État ». Une façon de se protéger des accusations d’Ankara qui réclame avec insistance à Washington son extradition. D’après le pouvoir turc, cet opposant, installé aux États-Unis depuis 1999, serait le cerveau du putsch avorté, qui a fait 273 morts et 2 000 blessés. De son côté, l’ancien imam a toujours nié toute implication dans ce qu’il qualifie de « pire acte terroriste » perpétré sur le sol turc.

Fethullah Gülen ne veut pas être victime d’une « chasse aux sorcières »

« Si le dixième des accusations dirigées contre moi est établi, je m’engage à retourner en Turquie et à subir la peine la plus lourde », poursuit Fethullah Gülen dans son texte. « En revanche, si des militaires qui se disent sympathisants du Hizmet [le Mouvement des bénévoles fondé par Fethullah Gülen, NDLR] ont trempé dans cette conjuration, je le dis sans aucun état d’âme, ce sont des félons qui ont ébranlé l’unité et l’intégrité du pays, des individus qui ont trahi mon idéal », affirme-t-il en ajoutant : « Que Dieu les punisse. »

Dans sa tribune, Fethullah Gülen rappelle qu’il s’est « opposé toute [sa] vie aux interventions militaires » et qu’il a œuvré avec les plus grandes figures politiques du pays pour le bien de la Turquie. « Par le passé, j’ai entretenu une amitié aussi bien avec le libéral Turgut Özal – Premier ministre de 1983 à 1989 et président de la République de 1989 à 1993 – qu’avec le conservateur Süleyman Demirel – président de la République de 1993 à 2000 – et même le social-démocrate Bülent Ecevit – Premier ministre de 1999 à 2002 », souligne-t-il. « J’ai apporté mon soutien à toutes leurs politiques. Ils m’ont toujours porté une estime du fait de l’importance qu’accordait le Hizmet à l’éducation et à la paix sociale. » « Bien que j’aie toujours été réservé vis-à-vis de l’islam politique, j’ai également soutenu M. Erdogan et l’AKP [le parti islamo-conservateur au pouvoir, NDLR] dans les débuts, lorsque de grandes réformes démocratiques ont été lancées. » D’après lui, les accusations dont il est la cible ne sont donc qu’une machination orchestrée dans le cadre d’une « chasse aux sorcières destinée à renforcer le régime ».

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