Samira Sitail: la mission des Panafricaines “est de rétablir la vérité et lutter contre les stéréotypes” sur la question migratoire

Au terme de deux jours de débats et d’échanges, la seconde édition du Forum "Les Panafricaines" a fixé samedi un plan d’action 2018-2019 et les structures organisationnelles de ce réseau de femmes journalistes dédié à la défense des causes du continent.

La deuxième édition a réuni plus de 200 journalistes femmes des 54 pays du continent autour du thème "Migrations africaines : une chance pour le continent, une responsabilité pour les médias", à l’initiative du groupe audiovisuelle 2M.

Mme Samira Sitail, directrice générale adjointe en charge et de l’information et des magazines du groupe 2M, s’est félicitée des avancées réalisées par ce réseau depuis la première édition, qui a rassemblé 100 professionnelles de 24 pays africains à Marrakech.

"Nous avons constaté que nous avions beaucoup de problèmes identiques et nous avions décidé de travailler sur des sujets qui nous tenaient à cœur et de pas être cantonnés uniquement à des problématiques liées aux femmes et à leur statue", a-t-elle souligné dans une déclaration à la presse.

"Ce n’est pas un hasard de calendrier si nous avons choisi la migration parce qu’il y a une problématique mondialisée et le migrant africain est, quelque part, diabolisé", a-t-elle dit.

La mission des Panafricaines "est de rétablir la vérité, lutter contre les stéréotypes, démystifier tout cela non pas seulement auprès des Européens mais surtout entre nous", a insisté Mme Sitail.

Contrairement aux stéréotypes véhiculés sur la question migratoire, il s’agit en effet de 3,4% de la population mondiale, soit quelques 258 millions de personnes. Sur cette population de migrants internationaux, moins de 14% sont africains, soit 36 millions, dont 80% sont réguliers, et sur ce contingent de migrants africains irréguliers, les 4 cinquièmes restent en Afrique.

"Quelles que soient les relations entre nos États, nous avons le pouvoir, en tant que professionnelles et expertes de la communication, de mettre ensemble nos énergies, de donner de la visibilité à des sujets très importants pour nous et influer sur les décideurs dans nos pays respectifs", a souhaité Samira Sitail.

Pour Mme Sitail, l’avenir de ce réseau est destiné à constituer "un maillage de l’ensemble du continent avec l’implication des radios, des télévisions, de la presse écrite et surtout de la presse digitale, parce que nous sommes confrontés, dans l’exercice de la profession, à la place de plus en plus importante des médias sociaux et des fake-news".

Le Forum, qui a connu la participation des agences onusiennes concernées et de l’Union européenne, a hiérarchisé les priorités du plan d’action, à la lumière des débats de sept ateliers thématiques portant sur divers aspects et réalités du phénomène migratoire.

Après un vote électronique, les Panafricaines ont situé la migration féminine en tête des priorités pour l’exercice en cours, avec 22% des suffrages, suivie notamment de la problématique du traitement journalistique de la question migratoire (18%).

Pour réaliser les objectifs fixés, le réseau s’est doté de structures organisationnelles comprenant un comité de suivi, constitué des chefs d’ateliers représentatifs de six régions du continent, en plus du Maroc. Ce comité sera chargé de la mise en œuvre du plan d’actions voté lors de cette deuxième édition.

Le réseau dispose également aujourd’hui d’un comité permanent, qui sera la cheville ouvrière des Panafricaines pour les deux prochaines années.

Ses membres ont exprimé leur volonté de s’engager pleinement pour l’action des Panafricaines et représentent des médias de neuf pays du continent : Niger, Mali, Sénégal, Cameroun, Égypte, Madagascar, Tchad, Éthiopie et Maroc.

Troisième et plus haute instance de gouvernance du réseau, le conseil des sages qui est constitué de dix Panafricaines occupant une place importante et centrale au sein du paysage médiatique africain.

Ce conseil sera le garant du respect d’un code déontologique et éthique étendu à l’ensemble de l’organisation, tout en mettant à disposition ses différentes expertises au bénéfice des comités de suivi et du comité permanent.

En recevant, jeudi, les participantes à ce Forum, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale Nasser Bourita a exhorté les médias africains à porter une image "lucide" et "authentique" qui reflète la réalité du continent, notamment concernant la question migratoire.

M. Bourita a incité les professionnels du continent à "maîtriser" l’image de l’Afrique particulièrement celle relative au phénomène migratoire car la perception externe peut parfois représenter une image biaisée du continent.

La deuxième édition du Forum Les ‘’Panafricaines’’, dont les travaux ont été ouverts vendredi à Casablanca en présence du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale Nasser Bourita, a mis les médias d’une cinquantaine de pays au cœur de l’actualité brûlante de la migration.

Portée par le groupe 2M, avec le soutien de son "Comité Parité et Diversité", cette seconde s’est tenu sous le thème “Migrations africaines : une chance pour le continent, une responsabilité pour les médias”.

Le choix de cette thématique coïncide cette année avec l’organisation au Maroc, en décembre prochain, de la Conférence Internationale sur la Migration (CIM 2018), qui verra l’adoption du ‘’Pacte Mondial pour des Migrations Sûres, Ordonnées et Régulières ‘’.

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