Régulation : Sarkozy appelle les Etats-Unis à travailler avec l’Europe

Le président français Nicolas Sarkozy a appelé lundi les Etats-Unis à travailler avec l’Europe à la régulation de la finance, estimant que seules les deux puissances étaient en mesure d’inventer “une nouvelle économie mondiale”.

Régulation : Sarkozy appelle les Etats-Unis à travailler avec l
Le président français, qui entamait une visite de 48 heures à New York puis à Washington, leur a demandé en outre de ne pas se recroqueviller sur eux-mêmes, "parce qu’on peut pas se permettre dans le monde du XXIe siècle d’avoir la première puissance du monde qui n’est pas ouverte sur le monde".

S’exprimant devant 300 étudiants de l’université de Columbia, à New York, il a indiqué qu’il s’agissait aujourd’hui d’éviter que se reproduisent les événements qui ont conduit à la crise financière de 2008.
"C’est notre seule responsabilité", a-t-il dit en indiquant que le sujet serait au menu des entretiens qu’il doit avoir mardi à la Maison blanche avec Barack Obama.

Il a félicité le président américain pour l’"attitude positive" dont il a fait preuve au sommet du G20, en avril dernier à Londres, qui a décidé de lutter contre les paradis fiscaux, avant d’insister sur la nécessité d’aller plus loin.

Dans un monde où les Etats sont tellement endettés qu’ils ne seront plus en mesure d’endiguer la prochaine catastrophe financière, l’Europe et les Etats-Unis peuvent "inventer les règles qui vont stabiliser l’économie", a-t-il déclaré.

"Il s’agit de réguler l’économie de marché mondiale. Si l’Europe peut s’appuyer sur les Etats-Unis, alors nous gagnerons, si l’Europe et les Etats-Unis s’affrontent, alors ils perdront", a-t-il ajouté.

BESOIN D’UNE AMERIQUE OUVERTE ET GÉNÉREUSE

Le président français s’est abstenu de toute allusion aux frictions actuelles entre Washington et les Européens sur des sujets comme l’encadrement des fonds spéculatifs ou la régulation des marchés de dérivés.

Il a en revanche réaffirmé son intention de porter au niveau du G20 des dossiers comme la forte volatilité des taux de change et des prix des matières premières quand la France en prendra la présidence à l’automne prochain.

Au-delà de la finance, il a plaidé à nouveau pour une réforme de la gouvernance des institutions internationales, à commencer par le Conseil de sécurité de l’Onu dont le nombre de membres permanents doit être augmenté pour s’ouvrir à l’Afrique, au monde arabe, à l’Amérique latine et à l’Inde.
Il devait aborder ces sujets lors d’un entretien lundi après-midi avec le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon.

"Comment voulez-vous que nous puissions régler dans le cadre de l’Onu les grandes crises, guerres,
conflits, si on pense qu’on peut le faire sans l’Afrique, sans les trois-quarts de l’Asie, sans l’Amérique latine, sans les pays arabes ?" a-t-il demandé.
Dans ce contexte, il a appelé les Etats-Unis à "partager", "écouter" et "débattre" parce qu’"une seule nation, aussi forte soit-elle, ne peut pas imposer ses vues au monde entier".

"Jamais vous ne devez vous recroqueviller sur vous-mêmes, le monde a besoin d’une Amérique ouverte, d’une Amérique généreuse, d’une Amérique qui montre la voie, à l’écoute des souffrances et des attentes des autres", a-t-il encore dit.

Nicolas Sarkozy quittera New York mardi matin pour Washington où il s’entretiendra en fin de matinée au Sénat avec le démocrate John Kerry et d’autres sénateurs du projet de loi américain sur l’environnement, qui est loin d’avoir passé l’obstacle du Congrès.

Il retrouvera dans l’après-midi Barack Obama, qu’il a félicité lundi pour l’adoption de sa réforme de l’assurance santé. Les deux hommes tiendront une conférence de presse commune à l’issue de leurs entretiens avant de dîner en compagnie de leurs seules épouses dans les appartements privés de la Maison blanche.

Yann Le Guernigou

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