Peine de mort en Arabie saoudite : Le Canada dit sa “préoccupation”

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a exprimé jeudi sa “préoccupation” face aux informations sur la peine de mort requise contre des militants des droits de l’Homme en Arabie saoudite, tout en réaffirmant que son pays tentait de “collaborer diplomatiquement” avec Ryad.

Interrogé par la presse sur des informations d’ONG selon lesquelles le parquet saoudien a requis la peine de mort contre cinq militants des droits de l’homme dont une femme, M. Trudeau a répondu que son pays "continue de collaborer diplomatiquement avec l’Arabie saoudite".

"Je crois qu’il est important que nous ayons des relations avec les pays du monde entier", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue d’un séminaire de son gouvernement à Nanaimo (Colombie-Britannique). "En même temps, nous avons exprimé notre préoccupation face à la peine de mort annoncée par l’Arabie saoudite, notre préoccupation pour la défense des droits humains et de nos valeurs communes partout dans le monde".

"Nous continuerons à défendre vigoureusement les droits humains", a-t-il réaffirmé, deux semaines après le début d’une crise diplomatique entre son pays et Ryad, survenue à la suite de la dénonciation par Ottawa de l’arrestation de militants saoudiens des droits de l’homme.

Selon Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), le parquet saoudien a requis la peine de mort contre cinq militants des droits de l’homme, dont une femme connue pour avoir documenté des manifestations antigouvernementales.

Si le juge suivait les réquisitions du parquet, Israa al-Ghomghan, serait la première femme exécutée en Arabie saoudite pour des activités liées à la défense des droits humains.

Les autorités saoudiennes n’ont pas commenté ces informations.

La crise diplomatique sans précédent entre l’Arabie saoudite et le Canada avait éclaté après un tweet de l’ambassade canadienne début août demandant la "libération immédiate" de militants des droits de l’homme récemment arrêtés dans ce pays.

Ryad avait répliqué en expulsant l’ambassadeur canadien et en prenant tout une série de mesures de rétorsion, notamment la suspension des relations commerciales et le rappel d’ici fin août des étudiants saoudiens installés au Canada.

Ryad a finalement accordé un sursis de trois semaines aux étudiants en médecine saoudiens, qui ont désormais jusqu’au 22 septembre pour quitter ce pays, selon plusieurs universités canadienne jointes par l’AFP.

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