Mauritanie: des opposants de retour d’un long exil après le changement de président

Une poignée de farouches opposants à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le puissant et richissime homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, sont rentrés mardi en Mauritanie après des années d’exil, a constaté un correspondant de l’AFP.

M. Ould Bouamatou, fondateur du groupe diversifié BSA et de la banque GBM, a salué le “courage” du nouveau chef de l’Etat, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au pouvoir depuis août 2019.

Il a atterri à Nouakchott à bord d’un avion privé en provenance d’Espagne, selon la même source, après avoir passé une dizaine d’années en exil au Maroc puis en Europe.

Il avait soutenu M. Ould Abdel Aziz, son cousin, pendant sa campagne présidentielle victorieuse de 2009, un an après sa prise de pouvoir par un coup d’Etat, mais les deux hommes s’étaient ensuite brouillés.

L’homme d’affaires, devenu la bête noire du régime, avait été accusé de corruption pour avoir financé en 2017 un groupe de sénateurs qui avait mené une fronde contre la révision constitutionnelle initiée par Mohamed Ould Abdel Aziz.

Il a soutenu à l’élection présidentielle du 22 juin le candidat d’opposition Sidi Mohamed Ould Boubacar, arrivé en troisième position.

La donne a changé après l’entrée en fonctions du président Ghazouani, qui a ouvert un dialogue avec l’opposition.

En février, la justice mauritanienne a annulé les poursuites judiciaires visant l’homme d’affaires et son bras droit, Mohamed Ould Debagh.

A sa descente d’avion, M. Bouamatou a remercié pour “son courage” le président Ghazouani, estimant qu’il avait “très vite oeuvré à remettre le pays sur les rails de l’Etat de droit et de la démocratie”.

Il a dit ne garder “aucune rancune” et être “l’homme le plus heureux du monde” en rentrant au pays “après un exil forcé de 10 ans”.

Il était accompagné dans son avion par l’ancien sénateur Mohamed Ould Ghadda, qui avait passé plus d’un an en détention provisoire après avoir pris la tête de la fronde contre la révision constitutionnelle de 2017, ainsi que par le journaliste Babah Sidi Abdallah et le poète Mohamed Yahya Ould Mseidiv.

M. Ould Debagh doit pour sa part rentrer au pays dans “une ou deux semaines”, selon sa famille.

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