Maroc: l’Union africaine se penche sur l’intégration des migrants en Afrique

Une quinzaine de ministres des Affaires étrangères de l’Union africaine (UA) se sont réunis mardi à Rabat pour élaborer un "agenda africain sur la migration", centré notamment sur l’intégration des migrants sur ce continent.

Les résultats de cette "réflexion collective" seront présentés lors du prochain sommet de l’Union africaine, prévu fin janvier à Addis Abeba, a précisé le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita à l’ouverture des travaux.

La migration en Afrique est essentiellement intra-africaine: 80% des migrants originaires de pays d’Afrique choisissent une destination du continent, seulement 12% parvenant en Europe.

L’Afrique du Sud arrive en tête des destinations d’accueil sur le continent avec 3,1 millions de migrants africains, suivie de la Côte d’Ivoire (2,1 millions) et du Nigeria (1,9 millions).

"L’intégration des migrants et le partage des responsabilités en matière de gestion des frontières, d’intégration et de réintégration, seront quelques uns des volets majeurs de l’agenda africain sur la migration", a déclaré le ministre marocain lors de cette conférence ministérielle.

"La stratégie que nous élaborons n’est pas figée. Elle est ouverte à de nouvelles idées et d’autres propositions", a -t-il poursuivi en ouvrant les travaux de cette session qui fait suite à celle organisée en octobre à Skhirat.

"Il faut faire de la migration en Afrique un choix et non une nécessité (…) Il s’agit, a-t-il dit, de forger une vision globale, intégrée et holistique de la migration". Pour le ministre marocain, "2018 sera une année de l’Afrique placée sous le signe de la migration". Il a fourni un chiffre édifiant: sur 258 millions de migrants dans le monde en 2017, moins de 14% (36 millions) sont Africains".

La rencontre, qui a réuni une quinzaine de représentants des différentes sous-régions du continent, s’inscrit dans le cadre du mandat panafricain confiée en mars au roi Mohammed VI pour élaborer une "vision commune" sur le programme migratoire de l’organisation panafricaine.

Le Maroc, qui a réintégré l’UA début 2017, préconise une migration intra-africaine ordonnée.

"Nous devons mettre la migration régulière au service du développement socio-économique du continent (…) La politique migratoire ne peut se fonder uniquement sur les impératifs sécuritaires", a plaidé pendant les débats Mamadi Touré, ministre guinéen des Affaires étrangères et président du Conseil exécutif de l’UA.

"La lutte contre la migration irrégulière nécessite l’implication de tous les acteurs (…) en joignant nos efforts nous pourrons mettre en oeuvre une stratégie viable et assurer un meilleur avenir à la jeunesse africaine", a-t-il dit.

Pour la Sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane, "la meilleure ressource est notre capital humain, jeune et prometteur, d’où la nécessité de conjuguer les efforts afin de l’inciter à travailler en faveur du continent et à participer activement à son développement".

La question migratoire a été un des grands sujets du dernier sommet UE-UA qui s’est tenu fin novembre à Abidjan, alors que les Européens cherchent à limiter l’afflux de migrants et réfugiés sur son territoire.

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