Libye: Macron craint un “risque d’escalade” lié aux “interférences” étrangères

Le président français Emmanuel Macron s’est inquiété vendredi du "risque d’escalade" en Libye "lié au renforcement des interférences militaires étrangères", a annoncé l’Élysée au lendemain de l’autorisation donnée par le parlement turc d’un déploiement de l’armée en Libye.

Lors d’un entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, le chef de l’État français a "clairement condamné les accords récemment signés" par le gouvernement d’union nationale (GNA) "sur les questions maritimes et sécuritaires" – une allusion au texte signé fin novembre avec la Turquie pour délimiter les frontières des deux pays – ainsi que "toutes les décisions conduisant à une escalade".

De son côté, le Kremlin a indiqué que "Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se sont prononcés pour une résolution pacifique de la crise dans ce pays".

"Ils ont exprimé leur soutien aux efforts politico-diplomatiques, notamment avec la médiation de l’ONU et de l’Allemagne", a précisé le Kremlin dans un communiqué.

Les députés turcs ont voté jeudi une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement de Fayez al-Sarraj contre l’offensive du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, une mesure qui risque d’aggraver le conflit fratricide déchirant ce pays.

Donald Trump a, lui aussi, mis en garde jeudi, dans une conversation téléphonique avec son homologue turc, contre toute "ingérence étrangère" susceptible de "compliquer" la situation en Libye.

Lors de son entretien avec son homologue russe, Emmanuel Macron a souligné "la nécessité de consolider le consensus international lors de la Conférence de Berlin" prévue début janvier "en vue d’une sortie de crise par un retour au processus politique sous l’égide des Nations unies".

Le président de la République française a également "confirmé à ses yeux l’importance d’un dialogue inter-libyen et d’un processus politique impliquant les acteurs régionaux mais surtout l’ensemble des parties prenantes politiques libyennes", selon le palais présidentiel de l’Élysée.

Le 30 décembre déjà, le président Macron et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi avaient évoqué par téléphone "les risques d’une escalade militaire" en Libye, appelant "l’ensemble des acteurs" internationaux et libyens "à la plus grande retenue".

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