Libye: l’ONU espère la conclusion d’un accord économique à Genève

L’émissaire par intérim de l’ONU pour la Libye espère que les participants au dialogue économique libyen qui s’est ouvert lundi à Genève trouvent un accord sur des “objectifs concrets” concernant les réformes économiques.

Cette réunion de deux jours, à laquelle participe la Banque mondiale, est coprésidée par l’Egypte, les Etats-Unis et l’Union européenne, en tant que coprésidents du Groupe de travail économique de la communauté internationale sur la Libye, et rassemble notamment des représentants des deux branches de la Banque centrale, qui est divisée, du ministère des Finances et Compagnie libyenne nationale de pétrole (NOC).

“J’espère sincèrement que durant les deux prochains jours un accord puisse être conclu sur des objectifs concrets concernant la réforme monétaire, la crise de compensation des chèques, la crise bancaire générale et l’unification budgétaire ainsi que sur un calendrier précis des mesures à prendre pour mettre en oeuvre ces réformes”, a déclaré l’émissaire par intérim des Nations unies, Stephanie Williams, en s’adressant aux participants.

“Le temps ne joue pas en votre faveur. Nous devons agir rapidement et de manière décisive, et je compte sur vous pour prendre ces mesures importantes dans les deux jours à venir”, leur a-t-elle également dit, selon un communiqué de l’ONU.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux autorités s’y disputent le pouvoir, sur fond d’implications étrangères: le Gouvernement d’union nationale (GNA) à Tripoli, reconnu par l’ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est, appuyé par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh.

Après l’échec de l’offensive lancée par le maréchal Haftar en avril 2019 pour s’emparer de Tripoli, les deux camps ont conclu un cessez-le-feu permanent en octobre et retrouvé le chemin du dialogue, encouragé par l’ONU.

La réunion de Genève a pour toile de fond “plusieurs développements prometteurs, notamment la reprise complète de la production pétrolière libyenne grâce aux efforts importants de Compagnie libyenne nationale de pétrole”, explique le communiqué de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), en soulignant que les revenus pétroliers sont pour l’instant gelés en attendant un “arrangement économique plus durable”.

Les Européens insistent sur la mise en place d’un mécanisme qui puisse garantir une “utilisation équitable et transparente” des revenus pétroliers du pays, dont les réserves sont les plus abondantes d’Afrique.

Outre la répartition de la rente pétrolière, un autre enjeu important du règlement du conflit est “l’unification des institutions financières libyennes”, une étape “cruciale pour le succès des réformes économiques nécessaires”, relève encore la Manul.

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