Les “gilets jaunes” de nouveau dans la rue pour leur 21e samedi de mobilisation

Pour cet "acte 21", le ministère de l’Intérieur, dont les chiffres sont contestés chaque semaine par le mouvement, recensait 6.300 manifestants en France à 14H00, dont 3.100 à Paris. Ils étaient 282.000 manifestants en France le 17 novembre, pour leur premier samedi de mobilisation.

Le principal cortège parisien, parti de la place de la République, approchait dans l’après-midi le quartier d’affaires de la Défense, à l’ouest, pour dénoncer "l’art de l’optimisation fiscale". Quelques manifestants ont brièvement tenté de descendre sur le périphérique, avant d’être rapidement repoussés par les forces de l’ordre à l’aide de tirs de gaz lacrymogènes.

"Ce qui me ferait arrêter, c’est la démission de Castaner, à cause des violences policières", assure dans le cortège Catherine, 59 ans, qui a participé à "environ une manif sur deux".

L’appel à cette manifestation avait été relayé notamment par Eric Drouet, l’une des figures du mouvement. Ce chauffeur routier a été verbalisé samedi matin à proximité des Champs-Elysées pour "participation à une manifestation interdite", selon une source policière. Une amende "due à ma notoriété et ma présence sur les Champs", a-t-il affirmé sur Facebook, dénonçant une "blague douteuse".

Les interdictions de manifester sur les Champs-Elysées, la place de l’Etoile, ainsi que dans un vaste périmètre comprenant l’Elysée et l’Assemblée nationale, avaient été reconduites par le préfet de police après les débordements et violences du samedi 16 mars.

A 16H30, la Préfecture de police de Paris recensait 28 interpellations, 10.278 contrôles préventifs et sept verbalisations dans le périmètre interdit.

L’autre cortège parisien, au parcours déclaré comme le premier, était composé d’une centaine de personnes selon l’AFP, de 400 personnes selon une organisatrice Sophie Tissier. Il a rejoint dans le calme le bassin de la Villette, au nord-est, depuis la gare Montparnasse.

"On veut une démocratie un peu plus ouverte", y explique Thomas Fleury, 28 ans et auto-entrepreneur dans l’immobilier, venu en famille. Pour lui, le grand débat était "une bonne idée de Macron" mais "ça a "été mal fait", "Macron était trop ambigu dans ses réponses".

A Rouen, où un appel à un rassemblement national a été lancé, environ un millier de personnes ont manifesté dans une ambiance plus tendue, a constaté un correspondant de l’AFP.

Des échauffourées se sont déroulées entre CRS et manifestants cagoulés et vêtus de noirs, des poubelles ont été brûlées, du mobilier urbain dégradé, un engin de chantier incendié. Les CRS ont tiré des grenades lacrymogènes pour empêcher les "gilets jaunes" d’entrer dans le centre interdit à la manifestation.

D’autres cortèges de "gilets jaunes" défilaient dans plusieurs grandes villes: quelques centaines dans le calme à Nice ou Forbach, 1.300 à Montpellier selon la préfecture, sous une forte pluie.

Sous la pluie également pour plusieurs centaines de manifestants à Toulouse, où le cortège était moins fourni que les semaines précédentes. "On est là, on est là, même si Macron le veut pas, on est là !", ont scandé les manifestants.

A Lyon, quelques centaines de "gilets jaunes" défilaient dans un parcours contenu par les forces de l’ordre, qui ont tiré "quelques gaz lacrymogènes" pour maintenir la tête de cortège à distance, selon la préfecture. A Dijon, "des billes d’acier" ont été tirées sur les forces de l’ordre et des "projectiles" sur le tram, a dit la préfecture.

D’autres manifestations ont été relayées sur les réseaux sociaux, par exemple à Nantes, Mulhouse ou Bordeaux.

En Corrèze, quelque 250 à 300 personnes ont manifesté dans le calme sur le barrage hydro-électrique de Bort-les-Orgues, afin de dénoncer ce qu’ils estiment être une possible privatisation des barrages français et "la vente de la France à la découpe".

A Saint-Nazaire enfin, en Loire-Atlantique, plusieurs dizaines de délégués venus de toute la France se sont retrouvés pour la seconde "Assemblée des assemblées". Ils y ont évoqué l’idée – loin de faire l’unanimité parmi eux – de construire des listes pour les municipales d’ici 2020, pour "enraciner le mouvement" et "redevenir des citoyens à part entière".

C’est lundi qu’est prévu le compte-rendu du grand débat national, sur la base de l’immense masse de contributions des citoyens, sur laquelle travaillent depuis des semaines plusieurs organismes.

La semaine dernière, l’"acte 20" avait rassemblé 33.700 personnes, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur régulièrement contesté par les "gilets jaunes" qui de leur côté ont revendiqué 105.084 manifestants sur la page Facebook du "Nombre jaune".

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