Les évêques de France appellent à ne pas autoriser suicide assisté ni euthanasie

Les quelque 120 évêques catholiques de France ont affirmé solennellement leur “opposition éthique” à un changement de la loi sur la fin de vie et à la légalisation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie, dans une déclaration unanime publiée jeudi.

Contre le collectif de 156 députés français ayant appelé à légiférer pour "donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps", les évêques affirment leur "opposition éthique" à ce projet "pour au moins six raisons".

La première, c’est que l’application d’une loi de 2016, qui avait formalisé le droit à la "sédation profonde et continue", est "encore largement en chantier". "Changer la loi manifesterait un manque de respect (…) pour la patiente et progressive implication des soignants", dont l’urgence est "qu’on leur laisse du temps", écrivent les évêques.

Deuxième raison invoquée : légaliser suicide assisté et euthanasie "serait inscrire au coeur de nos sociétés la transgression de l’impératif civilisateur : +Tu ne tueras pas+. Le signal envoyé serait dramatique pour tous, et en particulier pour les personnes en grande fragilité, souvent tiraillées par cette question : +Ne suis-je pas un poids pour mes proches et pour la société ?+".

Les évêques mettent aussi en avant la déontologie médicale. "Tuer, même en prétendant invoquer la compassion, n’est en aucun cas un soin. Il est urgent de sauvegarder la vocation de la médecine", affirment-ils.

En outre, pour l’épiscopat, la détresse des personnes "qui demandent parfois que l’on mette fin à leur vie (…) oblige à un accompagnement plus attentif, non à un abandon prématuré au silence de la mort".

Aux partisans de l’euthanasie ou de l’aide au suicide qui invoquent le droit à choisir sa fin de vie, les évêques répondent que "ce choix ne doit pas entrer dans la vie sociale par le biais d’une coopération légale au geste suicidaire".

Enfin, réclamer "une +aide médicale à mourir+", c’est "conduire notre système de santé à imposer à nos soignants et à nos concitoyens une culpabilité angoissante", au prix de "tensions" qui pèseraient "gravement sur la relation de soin".

Pour les évêques, "l’urgence consiste à poursuivre le développement des soins palliatifs pour que toute personne en ayant besoin puisse (…) y avoir accès".

Grâce à "l’effort de déploiement de ces soins, nombre de nos concitoyens vivent de manière apaisée leur fin de vie", font-ils valoir.

Avec afp

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