Le Gabon répond à la France

En réponse à Paris qui s’est dit, lundi, ”sans nouvelles de plusieurs de ses compatriotes au Gabon”, suite aux violents incidents ayant émaillé la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, Libreville assure que ”les binationaux ne peuvent se prévaloir d’une autre nationalité sur le territoire gabonais”.

"La France déclare dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères du 5 septembre 2016 être +sans nouvelle de plusieurs de ses compatriotes+, a rappelé dans un communiqué le ministère gabonais, ajoutant: "à la connaissance des autorités gabonaises, après les manifestations post-électorales, des citoyens gabonais, binationaux, ont été interpellés par les forces de l’ordre".

"Les services du ministère de la Justice se tiennent à la disposition des familles pour répondre à leurs questions", poursuit le texte : "les autorités gabonaises rappellent que – selon la législation gabonaise – les citoyens binationaux établis au Gabon, ne peuvent se prévaloir d’une autre nationalité au Gabon et par conséquent, sont assujettis aux lois et règlements gabonais".

"Le ministère des Affaires étrangères, ayant entendu les préoccupations des autorités françaises, se tient à la disposition de celles-ci pour faire toute la lumière sur cette situation", conclut le communiqué.

Des manifestations et des pillages ont éclaté dans tout le pays après l’annonce mercredi dernier de la réélection du président sortant, Ali Bongo Ondimba, contestée par son rival, Jean Ping, qui s’est autoproclamé "président élu".

Mise en garde

Face aux réactions françaises après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 27 août, Alain Marsaud, député du parti Les Républicains des français de l’étranger, avait mis en garde la France contre toute ingérence au Gabon.

Ce Mardi, le Premier ministre français Manuel Valls a souhaité un nouveau "décompte" des voix du scrutin présidentiel au Gabon.

"La sagesse commanderait de faire un nouveau décompte des résultats", a déclaré le chef du gouvernement sur la radio RTL, en demandant par ailleurs aux autorités gabonaises que "tout soit fait" pour retrouver "une quinzaine" de ressortissants français dont Paris est sans nouvelles dans le pays.

“10 000! C’est le nombre de Français que nos responsables politiques et autres personnalités publiques mettent en danger en prenant position pour l’un ou l’autre candidat à l’élection présidentielle gabonaise", a-t-il rappelé.

"Nos autorités et élus sur place ainsi que toute la communauté française du Gabon font actuellement face à une grave crise politique au sein du pays et il est indispensable que depuis Paris, nous ayons tous conscience qu’une petite phrase peut à l’heure actuelle avoir des conséquences dramatiques sur les populations locales et nos ressortissants", a prévenu le député.

"C’est pour cette raison qu’en qualité de député de la 10ème circonscription des Francais établis hors de la France dont le Gabon fait partie, et après avoir échangé longuement avec de nombreux compatriotes, nos élus et nos services diplomatiques et consulaires, j’appelle politiques, experts de tout poil, philosophes et journalistes à une absolue retenue afin de ne pas alimenter une crise qui serait de nature à atteindre la communauté française", a-t-il ajouté.

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