L’extrême droite allemande craint la division des “patriotes” aux européennes

Le chef de file de l’extrême droite allemande aux élections européennes prédit des difficultés pour les droites dures à former une grande "alliance patriotique" au Parlement européen malgré leur essor, en raison de divergences difficiles à surmonter.

Son parti, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), lance sa campagne samedi en vue du scrutin du 26 mai, deux jours avant un raout organisé à Milan par le patron de la Ligue, Matteo Salvini, censée réunir des alliés européens susceptibles de s’unir au futur Parlement.

"Je m’attends à ce que les forces conservatrices sortent clairement renforcées de l’élection et que les forces sociales-démocrates, dans lesquelles j’inclus les démocrates-chrétiens, connaissent un net affaiblissement", dit à l’AFP Jörg Meuthen, tête de liste de l’AfD.

Selon lui, de bons résultat des "partis patriotiques" permettront de "bloquer" certaines mesures au Parlement européen, où le parti populaire européen (PPE, droite) est actuellement majoritaire.

Mais pour cela, il faudrait que ces formations "travaillent ensemble parce qu’elles ne peuvent rien faire en tant que partis individuels", prévient le député européen de 57 ans et co-président de l’AfD, parti à la fois anti-migrant, anti-élites et eurosceptique.

Son parti, tout comme la Ligue du Nord italienne ou le FPÖ autrichien et d’autres en Europe ont connu un essor sans précédent après la crise migratoire de 2015-2016.

En Allemagne, l’AfD a ainsi surfé sur les inquiétudes générées par l’ouverture des frontières par la chancelière Angela Merkel à plus d’un million de demandeurs d’asile. Il a fait une entrée tonitruante au parlement allemand en 2017.

Mais "même si l’AfD entre en force au Parlement (européen), nous ne parviendrons à rien seuls. C’est pourquoi nous devons nous unir à d’autres qui pensent de la même manière", explique-t-il, alors que sa liste est crédité de 10 à 12% des intentions de vote dans les sondages.

Pour espérer peser sur les débats européens, les formations d’extrême droite devront effectuer "des compromis (…) au Parlement européen, c’est encore plus complexe parce que nous avons 28 nations différentes avec des approches différentes".

"L’une des premières expériences que j’ai eue au Parlement européen c’est que les membres peuvent voter de manière incohérente au sein du même groupe", rappelle-t-il.

La réunion de ces forces s’avère compliqué car comme le relève M. Meuthen, les partis dits populistes de droite à travers l’Europe "ont des positions identiques ou similaires dans la politique migratoire, mais très différentes dans d’autres domaines".

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