Avis favorable requis en France pour l’extradition du beau-frère de Ben Ali

Le parquet général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (sud de la France) a demandé mercredi aux juges d’émettre un avis favorable à l’extradition de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l’ancien dictateur tunisien Ben Ali, condamné en Tunisie pour favoritisme et blanchiment.

L’affaire a cependant dû être renvoyée à la dernière minute au 8 juillet, la Cour s’apercevant que l’Etat tunisien, qui requiert l’extradition, n’avait pas été convoqué à l’audience.

Présent devant la chambre de l’instruction, le frère de l’ex-première dame tunisienne Leila Trabelsi a dit craindre des traitements inhumains voire même la torture.

“Pour moi c’est clair, extradition ça veut dire la mort. Je ne serai pas mieux loti que mes frères”, a lancé M. Trabelsi à la Cour, rappelant que trois de ses frères étaient morts en prison entre 2011 et 2020, dans des conditions atroces”, selon lui.

Homme d’affaires, Belhassen Trabelsi, 57 ans, avait été interpellé en mars 2019 en France et mis en examen dans ce pays dans une affaire de “blanchiment en bande organisée, recel, usage et complicité de faux documents administratifs”. L’enquête est toujours en cours.

Ayant fui la Tunisie lors de la révolution de 2011 qui a provoqué la chute du président Zine el Abidine Ben Ali, Belhassen Trabelsi s’était installé au Canada qu’il avait quitté 2016 après le refus d’Ottawa de lui octroyer l’asile politique.

Après son arrestation en France, la Tunisie avait demandé son extradition en vue d’exécuter trois peines d’emprisonnement prononcées par défaut pour un total de 33 années de prison.

Ces condamnations visent des délits financiers dont M. Trabelsi aurait tiré un bénéfice proche de vingt millions d’euros, selon les autorités judiciaires tunisiennes. Les procédures concernent notamment la vente d’actions de la compagnie aérienne Tunis Air et un mécanisme de surfacturation au sein de la société Tunisie Sucre.

Evoquant la “confiance légitime” entre la France et la Tunisie, l’avocat général Serge Bocoviz a demandé à la cour de rendre un avis favorable à l’extradition. “L’Etat tunisien assure que, comme pour tout jugement par défaut, M. Trabelsi pourra et devra être rejugé pour les faits pour lesquels il a été condamné par contumace”, a-t-il soutenu.

Dénonçant un “acharnement judiciaire à l’encontre” de la famille Trabelsi, l’avocat de l’homme d’affaires, Me Marcel Ceccaldi, a estimé qu’il ‘existe des motifs sérieux de redouter qu’il soit exposé à des traitements inhumains”.

“Mon crime, c’est d’être de la famille de Ben Ali”, s’est défendu Belhassen Trabelsi.

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