Affaire Khashoggi : Riyad “ne sait pas où se trouve le corps”

Devant les critiques internationales, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a affirmé dimanche “ne pas savoir où se trouve le corps” du journaliste Jamal Khashoggi, qualifiant sa mort d'”erreur monumentale”.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé dimanche "ne pas savoir où se trouve le corps" du journaliste Jamal Khashoggi, qualifiant sa mort d’"erreur monumentale".

"Nous avons découvert qu’il a été tué au consulat (saoudien à Istanbul). Nous ne savons pas comment, dans le détail. Nous ne savons pas où se trouve le corps", a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne, depuis Riyad, dans un entretien à la chaîne américaine Fox News.

Le roi Salmane, a ajouté Adel Al-Jubeir, "est déterminé" à ce que "les responsables" de la mort du journaliste "rendent des comptes", ainsi qu’à "mettre en place des procédures au sein des services de sécurité afin d’empêcher que des choses pareilles se produisent à nouveau".

Dans le contexte de cette affaire, Riyad a annoncé le limogeage du numéro deux du Renseignement saoudien, le général Ahmed al-Assiri, et de trois autres hauts responsables de ces services, ainsi que d’un conseiller "médias" à la cour royale, Saoud al-Qahtani.

Dix-huit suspects saoudiens ont été interpellés. Mais des analystes occidentaux ont vu dans ces limogeages et arrestations une tentative de désigner des boucs émissaires et d’épargner le prince héritier, considéré comme l’homme fort du royaume.

Ces aveux ont été accueillis de manière sceptique par la communauté internationale, la Turquie en tête. Lors d’un rassemblement à Istanbul, le président Recep Tayyip Erdogan a assuré que "toute la vérité" serait révélée. Il s’exprimera mardi à ce sujet devant les députés de son parti AKP.

Entretemps, les enquêteurs turcs ont poursuivi leurs investigations, fouillant une vaste forêt proche d’Istanbul. Disant s’appuyer sur des enregistrements sonores, la presse turque a évoqué une décapitation de Khashoggi. Vingt-cinq nouveaux témoins ont été convoqués dimanche par les procureurs engagés dans l’enquête en Turquie, a indiqué la télévision turque NTV.

Dans un communiqué commun, Londres, Paris et Berlin ont estimé dimanche qu’il y avait "un besoin urgent de clarification" sur les circonstances de la mort "inacceptable" du journaliste, âgé de 59 ans au moment des faits, au consulat saoudien à Istanbul.

Une nouvelle réaction évoquant cette fois "des mensonges" est venue du président américain Donald Trump qui, après avoir qualifié de "crédible" la version des Saoudiens, a dit que "leurs histoires partent dans tous les sens". "Il y a eu manifestement tromperie et mensonges", a-t-il déclaré dans un entretien au Washington Post, journal auquel collaborait Jamal Khashoggi.

Allié des Saoudiens, le président américain est visiblement embarrassé par cette crise, avec des critiques y compris dans son propre camp républicain, mais il refuse de remettre en cause des méga-contrats, notamment militaires, avec Riyad. Insistant sur l’importance des liens "stratégique" entre Washington et Riyad, le chef de la diplomatie saoudienne a estimé que cette "relation surmontera" l’affaire Khashoggi et ses répercussions diplomatiques.

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