Les détails de la fermeture de l’espace aérien algérien aux aéronefs émiratis

Le ministère algérien de la Défense a annoncé la fermeture de l’espace aérien national à tous les aéronefs civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis à partir de vendredi minuit, une mesure qui contraindra plusieurs vols Emirates et Etihad à contourner le territoire algérien.

La mesure et son entrée en vigueur

Le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé, jeudi 10 septembre, la fermeture de l’espace aérien algérien, à compter du 11 septembre à 00h00 heure locale, à l’ensemble des aéronefs civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis, en provenance ou à destination de ce pays. Une exception est prévue pour les vols commerciaux civils émiratis à destination ou en provenance de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger, maintenus jusqu’à la fin de l’année 2026, date d’expiration du contrat liant les deux pays sur cette desserte. Cette décision fait suite à l’annonce, plus tôt dans la journée, de la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Abou Dhabi.

Le cas particulier des vols Alger-Dubaï

Dans les faits, les liaisons directes entre les deux capitales n’avaient pas encore repris au moment de l’annonce : Air Algérie n’avait pas relancé ses vols vers Dubaï, tandis qu’Emirates avait déjà repoussé la reprise de sa desserte Dubaï-Alger jusqu’à fin octobre. Si la compagnie émiratie venait à rétablir cette liaison, elle pourrait, en vertu de l’exception prévue pour l’aéroport d’Alger, l’assurer temporairement avant de devoir l’interrompre au plus tard le 31 décembre 2026.

Des vols de simple survol également concernés

La mesure algérienne vise les aéronefs « immatriculés » aux Émirats arabes unis, et non uniquement les vols à destination ou en provenance de ce pays : elle s’applique donc également aux appareils Emirates et Etihad qui ne font que survoler le territoire algérien pour rejoindre d’autres destinations, sans lien direct avec les Émirats. Sont notamment concernées les liaisons Dubaï-Casablanca (Emirates) et Abu Dhabi-Casablanca (Etihad, vol EY757, opéré en Boeing 787 Dreamliner), ainsi que les vols Etihad Abu Dhabi-Malaga et Abu Dhabi-Lisbonne, et le vol Emirates Dubaï-Lisbonne. Ces liaisons devront être reprogrammées par un itinéraire évitant l’espace aérien algérien, ce qui devrait se traduire par un allongement du temps de vol et une hausse de la consommation de carburant, dans une proportion comparable aux détours déjà observés par d’autres compagnies sur des trajets similaires.

Les Émirats rejoignent le Maroc sur la liste des interdits de survol

Les aéronefs émiratis rejoignent les avions marocains parmi les appareils ne disposant plus d’autorisation de survol du territoire algérien. L’espace aérien algérien est fermé aux avions civils et militaires marocains, ainsi qu’aux appareils immatriculés au Maroc, depuis septembre 2021, dans la foulée de la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat. L’Algérie n’entretenant pas de relations diplomatiques avec Israël, le survol de son territoire par des aéronefs israéliens n’est pas non plus autorisé, une position de principe constante depuis des décennies.

Un précédent avec le contournement de l’Algérie par Air France

Cette accumulation d’interdictions de survol n’est pas sans précédent pour le trafic aérien international. Entre avril 2025 et juillet 2026, Air France et Corsair avaient dû contourner systématiquement l’espace aérien algérien sur leurs liaisons vers l’Afrique subsaharienne, à la suite d’un différend distinct entre l’Algérie et le Mali portant sur les autorisations de survol réciproques, en passant par l’Espagne, le Maroc puis la Mauritanie, avec un allongement de trajet de 30 à 45 minutes. Cet épisode, résolu en juillet 2026 par la réconciliation entre Alger et Bamako, avait déjà nourri, sur les réseaux sociaux, le surnom de « plus grand rond-point du monde » attribué à l’Algérie par certains internautes, en référence au nombre croissant de compagnies contraintes de contourner son espace aérien.

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