Le Libéria s’engage à soutenir le Maroc au Conseil de sécurité en octobre 2026
La ministre libérienne des Affaires étrangères, Sara Beysolow Nyanti, a annoncé jeudi à Rabat que le Libéria, membre non permanent du Conseil de sécurité, apporterait son appui au Maroc lors des discussions prévues en octobre 2026 sur ses provinces du sud, un engagement plus significatif que ses précédentes prises de position.
Une annonce à distinguer d’une simple réaffirmation
La ministre libérienne des Affaires étrangères, Sara Beysolow Nyanti, a affirmé, jeudi 10 septembre à Rabat, à l’issue d’un entretien avec le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, la position du Libéria en faveur de la souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris le Sud du pays. Elle a qualifié le plan d’autonomie marocain, présenté depuis 2007, de « seule solution crédible, sérieuse et réaliste » au différend régional. Ce type de déclaration, désormais habituel de la part de plusieurs dizaines d’États, n’a en soi qu’une portée limitée : l’élément notable de cette sortie tient ailleurs.
Un engagement concret au Conseil de sécurité
La cheffe de la diplomatie libérienne a en effet précisé que le Libéria, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, « travaillera main dans la main » avec le Maroc et lui apportera son soutien lors des prochaines discussions prévues en octobre 2026 au sein de cette instance onusienne. Contrairement à une déclaration bilatérale de soutien, cet engagement porte sur un vote ou une prise de position concrète dans une enceinte où se décide l’avenir du dossier, ce qui change la nature de l’annonce.
Un soutien libérien déjà ancien
Le Libéria n’en est pas à sa première réaffirmation de soutien à la souveraineté marocaine sur ses provinces du sud. Le pays figure parmi les premiers États africains à avoir ouvert un consulat général à Dakhla, dès 2020, et a depuis renouvelé sa position à plusieurs occasions bilatérales et multilatérales, notamment lors de sa visite à Rabat en juillet 2025. En comptant les prises de position devant les instances des Nations unies, de l’Union africaine et lors des rencontres bilatérales depuis l’ouverture du consulat, ces réaffirmations se comptent vraisemblablement en une quinzaine d’occasions sur cinq ans, sans qu’un décompte officiel exhaustif soit disponible.
Micro-analyse: ce que le Libéria peut attendre de Rabat
Cet appui régulier n’est pas sans contrepartie implicite. Le Maroc a fait de l’Afrique de l’Ouest un axe central de sa diplomatie économique, notamment via l’Initiative Atlantique destinée à donner un accès à la mer aux pays du Sahel, ainsi que par des investissements dans les phosphates et engrais, secteur où l’OCP marocain a multiplié les partenariats sur le continent. Pour un pays comme le Libéria, en reconstruction économique et dépendant des matières premières, l’alignement diplomatique sur la question du Sud marocain s’accompagne généralement d’un accès facilité à la coopération technique marocaine (formation professionnelle, agriculture, santé) et à des financements via des institutions comme la Banque africaine de développement où Rabat pèse diplomatiquement. Le soutien libérien au Conseil de sécurité s’inscrit ainsi dans une logique de réciprocité diplomatique plus que dans un simple geste de principe.
