Soudan du Sud : 20 morts dans une attaque contre une base militaire dans l’État de Warrap

Une attaque menée par des hommes armés contre une base militaire dans l’État de Warrap, au nord du Soudan du Sud, a fait 20 morts vendredi, tandis qu’un état d’urgence a été déclaré dans le même État en raison d’une sécheresse jugée sans précédent.

Une attaque meurtrière contre une base militaire

Une attaque meurtrière vendredi contre une base militaire a fait 20 morts dans le nord du Soudan du Sud, six des assaillants ayant aussi été tués, a appris l’AFP samedi auprès des autorités régionales. Un groupe d’hommes armés a attaqué une base militaire dans l’État de Warrap, tuant 16 membres des forces armées et de la police ainsi que quatre civils, a déclaré le ministre de l’Information régional. L’État de Warrap est miné par les violences intercommunautaires, généralement marquées par des représailles meurtrières et des raids sur le bétail, comme au mois d’août, mais les motivations des auteurs de cette attaque n’étaient pas éclaircies dans l’immédiat.

Une sécheresse « sans précédent » et un état d’urgence

Un état d’urgence a par ailleurs été déclaré vendredi au Warrap en raison d’une sécheresse « sans précédent ». « L’État est confronté à une période de sécheresse sans précédent causée par de graves déficits pluviométriques, entraînant de sévères manques de récolte et provoquant des pertes catastrophiques de bétail et de pâturages », a indiqué le ministre dans un communiqué. Le phénomène climatique El Niño menace une grande partie de l’Afrique de l’Est, qui risque d’être frappée par de graves catastrophes climatiques dans les semaines à venir. Le responsable régional a lancé un appel à l’aide au gouvernement central et aux partenaires internationaux « pour éviter la famine catastrophique qui se profile ».

Un pays confronté à une multitude de défis

Nation la plus jeune du monde, le Soudan du Sud est confronté à une multitude de défis à un moment où l’aide internationale se tarit de manière spectaculaire. Le pays tente d’organiser en décembre des élections pour la première fois depuis son indépendance en 2011. Le gouvernement, dirigé par le président Salva Kiir, est considéré comme l’un des plus corrompus au monde : un rapport des Nations unies publié l’an dernier a détaillé comment des responsables avaient détourné des milliards de dollars provenant du pétrole, en laissant la population presque totalement dépourvue des services de base.

Des tensions politiques ravivées à l’approche du scrutin

Peu après l’indépendance, le pays a sombré dans une guerre civile dévastatrice opposant Salva Kiir à son rival de longue date, Riek Machar. Un accord de partage du pouvoir conclu en 2018 avait ramené la paix, mais il s’est récemment délité, Riek Machar étant désormais en état d’arrestation et poursuivi pour trahison. Les forces des deux hommes se sont affrontées sporadiquement ces derniers mois. Dans ce contexte, les élections tant attendues pourraient relancer le conflit et faire craindre la commission d’atrocités, a déclaré le mois dernier la Commission des droits de l’homme au Soudan du Sud, mandatée par l’ONU, qui doit mener une nouvelle mission d’enquête cette semaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite